Zoom

Un petit verre contre Alzheimer?

Une consommation modérée d'alcool pourrait freiner l'évolution d'un trouble cognitif léger vers une véritable maladie d'Alzheimer. Le risque chez les personnes qui consomment un verre par jour serait ainsi réduit de près de 85% par rapport aux "non buveurs".

Une récente étude italienne suggère qu'une consommation modérée d'alcool pourrait ralentir la progression de la démence chez les personnes âgées présentant un trouble cognitif léger (stade intermédiaire entre démence et non démence aussi appelé "mild cognitive impairment" ou MCI). Certes, cette étude n'est pas la première à suggérer le rôle protecteur d'une consommation d'alcool légère à modérée dans les troubles cognitifs de la personne âgée. C'est cependant la seule qui ait démontré un effet protecteur chez les personnes présentant déjà des déficits.

Moins de risques pour les petits buveurs

Par "consommation modérée", l'étude entend "moins d'un verre par jour", c'est-à-dire plus ou moins 15 millilitres d'alcool – soit ce que contient généralement un verre de bière ou un verre de vin standard. Au-delà de cette quantité, l'effet protecteur n'a, semble-t-il, plus cours. Ainsi, après trois ans et demi de suivi, l'étude a montré que, chez les patients avec un trouble cognitif léger (MCI), une consommation d'alcool à raison de moins d'un verre par jour diminuait de 85% le risque d'évolution vers la démence.

Régime méditerranéen

Cette recherche sur les liens entre consommation d'alcool et démence fait partie d'une étude plus large visant à déterminer l'influence du régime méditerranéen sur la maladie d'Alzheimer et les autres formes de déficits cognitifs liés à l'âge. Dans ce cadre, il a notamment été démontré que certaines composantes de l'alimentation comme l'huile d'olive, les céréales complètes ou le vin rouge jouaient un rôle protecteur. Le régime méditerranéen, dont les effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire et la longévité sont connus depuis longtemps, serait donc aussi un atout pour notre cerveau ! Probablement parce que l'alcool contribue à réduire l'inflammation des vaisseaux sanguins, mise en cause dans la maladie d'Alzheimer.

Plus c'est trop?

D'autres études ont montré qu'une consommation plus importante d'alcool pouvait aussi offrir une protection. Une étude française menée par une équipe de Bordeaux (justement!) a par exemple suggéré qu'une consommation de 3 à 4 verres de vin par jour réduisait le risque de démences. Pour sa part, le Docteur Vincenzo Solfrizzi, qui a dirigé l'étude italienne, conseille à ses patients de limiter leur consommation à 1 ou 2 verres par un jour. Le mieux étant souvent l'ennemi du bien.

Source : V. Solfrizzi et coll. For the Italian Longitudinal Study on Aging Working Group
"Alcohol consumption, mild cognitive impairment, and progression to dementia"
Neurology, May 2007; 68: 1790 - 1799.

 

Julie Luong

 

Publicité
Les maladies de A à Z