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Alzheimer: la solitude augmenterait le risque

Une récente étude américaine montre un lien entre le sentiment de solitude chez les personnes âgées et le risque de développer la maladie d'Alzheimer.

Isolement social versus solitude

Commençons par distinguer isolement social et solitude. "Alors que vous pouvez avoir peu de contacts sociaux et ne pas vous sentir isolé, vous pouvez disposer d'un large réseau de connaissance mais vous sentir pourtant très seul", distingue David Bennett, co-auteur de la nouvelle enquête et directeur du Alzheimer's Disease Center à l'Université Rush de Chicago. Ainsi, alors que des études avaient déjà montré un lien entre l'isolement social et un plus haut risque de développer la maladie d'Alzheimer, la nouvelle enquête – publiée dans la revue Archives of General Psychiatry – est la première à établir un lien entre le sentiment de solitude et la maladie d'Alzheimer.

Evaluer le sentiment de solitude

En quoi a consisté exactement l'étude? Les chercheurs ont fait appel à des personnes âgées volontaires (en moyenne de 80 ans) pour participer à une grande étude sur le vieillissement. Les conditions de recrutement' Ne présenter au départ aucun trouble neurologique et accepter de faire don de son cerveau après son décès. Au total, 823 personnes ont été examinées pendant une durée de 4 ans. Chaque année, chacune d'entre elles a eu à remplir un questionnaire l'interrogeant sur son éventuel sentiment de solitude ("J'ai déjà connu un sentiment général de vide", "Je me sens souvent abandonné"…). L'objectif étant de définir pour chacun un score allant de 1 à 5, d'un faible à un haut niveau de solitude. En parallèle, des tests neuropsychologiques – pour évaluer les aptitudes cognitives des participants – ont été réalisés chaque année.

2 fois plus de risque

Pendant les 4 années de l'enquête, 76 des 823 participants ont développé une démence de type Alzheimer. A l'analyse des résultats, les auteurs ont déclaré que les participants qui rapportaient un plus grand sentiment de solitude (3,2/5) avaient un risque deux fois plus élevé de développer la maladie d'Alzheimer que celles qui ressentaient le moins de solitude (1,4/5) et ce, indépendamment du niveau d'isolement objectif.

Un lien à approfondir

Reste maintenant à déterminer si le sentiment de solitude est un facteur de risque de la maladie d'Alzheimer ou bien s'il s'agit seulement d'un symptôme précoce de la maladie… Les auteurs de l'étude l'expriment eux-mêmes: "Il existe bel et bien un lien entre la démence et la solitude, mais celui-ci mérite d'être analysé davantage grâce à des études complémentaires".

Karell Robert
Journaliste Santé

 

Source: David A. Bennett, MD, neurologist; director, Rush University Alzheimer's Disease Center, Chicago. Archives of General Psychiatry, February 2007; vol 64: pp 234-240.

 

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