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Alzheimer : des difficultés à décoder l'expression des émotions

Les patients Alzheimer auraient du mal à décoder l'expression des émotions, c'est la conclusion d'une très récente étude américaine. Cette difficulté pourrait expliquer certaines des réactions parfois inadéquates des patients face à leur conjoint ou leur famille.

Des réactions parfois inadéquates

Il n’est pas rare que les familles de patients Alzheimer se plaignent des réactions parfois inadéquates auxquelles elles doivent faire face. Face à  un moment de tristesse clairement exprimé, le patient peut se mettre à rire. Face à un rire le patient Alzheimer peut être pris d’une soudaine angoisse… Ces réactions bizarres peuvent être comprises grâce à une étude récemment publiée dans une revue américaine de psychiatrie. 

Tristesse, bonheur… des expressions faciales parfois confondues

Dans cette étude, les médecins ont soumis des patients Alzheimer à  des visages exprimant différents types d’émotion en leur demandant ce que ces visages exprimaient pour eux. Par rapport à un groupe de conjoints non malades, les patients Alzheimer ont clairement montré des difficultés à décoder les expressions de tristesse, de bonheur, ou de peur. Or ce test a été appliqué non pas à des patients sévèrement atteints mais bien à des  patients présentant une maladie d’Alzheimer à un stade débutant. 

Des implications pratiques

Savoir que le patient Alzheimer a parfois du mal à traduire l’expression d’un visage et probablement aussi le ton de  la voix doit amener à penser différemment la communication avec lui. Si dans nos relations avec nos proches, nous utilisons souvent le sous-entendu, le comportement non verbal, en ce compris l’expression de notre visage pour faire passer un message, il faut se rendre compte qu’avec les patients Alzheimer, il est probablement nécessaire d’être beaucoup plus clair dans nos messages et la façon dont nous les exprimons. Plutôt que d’exprimer le fait que nous soyons fâchés par une grimace, le ton de notre voix et notre comportement, il  est sans doute plus utile de dire : « Je ne suis pas content parce que… ». De même, si nous trouvons une situation amusante mais que nous savons, par expérience que le rire peut effrayer certains patients, n’hésitons pas à ajouter « C’est amusant, cela me fait rire… ». Bien entendu ces aptitudes à discriminer les émotions sur un visage sont très variables d’un patient à l’autre et chacun doit s’adapter à sa situation.

Kohler, Am J Geriatr Psychiatry, Nov 2005
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