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La dépression, dans l'ombre de la maladie d'Alzheimer

Lorsqu'un patient Alzheimer semble particulièrement mal dans sa peau, une dépression doit être suspectée. D'autant que lorsque celle-ci est traitée, la qualité de vie des malades est nettement améliorée.

Les personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer sont particulièrement exposées à la dépression. 20 à 25% des patients seraient ainsi concernés, à différents stades de la maladie. Certaines suppositions sont avancées pour expliquer ce niveau de prévalence. "La dépression peut-être liée au stress causé par la maladie et aux difficultés du patient à s'adapter à sa situation", explique le Dr Michael Schuerch, psychiatre et chef du service de psycho-gériatrie à la clinique du Péri, à Liège.

Une dépression d'origine neurochimique

L'autre raison pouvant justifier le déclenchement d'une dépression est liée à des causes neurochimiques. "La maladie d'Alzheimer perturbe considérablement l'équilibre neurochimique des individus", souligne le Dr Schuerch. Les scientifiques savent désormais que le taux de sérotonine, notamment, baisse lorsque la maladie est déclarée. Substance présente dans le cerveau, la sérotonine joue directement sur l'émotivité et l'humeur. Si son niveau diminue, la dépression s'installe.

Un diagnostic difficile à poser

Problème: les symptômes de la dépression sont très proches de ceux de la maladie d'Alzheimer. Troubles de l'attention, de la concentration, de la mémoire, du sommeil, manque d'appétit et d'intérêt... "Cette ressemblance de symptômes crée souvent une confusion chez les praticiens, qui ne diagnostiquent pas toujours la dépression. D'autant plus que les patients Alzheimer ont des difficultés à exprimer leur mal être", souligne le psychiatre Non traités, les symptômes de la dépression viennent donc se juxtaposer sur ceux de la maladie d'Alzheimer, aggravant ainsi les troubles cognitifs du malade. "Un patient Alzheimer dépressif pourrait avoir encore plus de difficultés à se concentrer, à se déplacer ou à manger, et sera plus sujet à des problèmes d'incontinence qu'un autre patient au même stade de la maladie", estime  le Dr Schuerch.

La dépression peut-être traitée

Déceler la dépression permet de traiter ces symptômes. "Certains anti-dépresseurs sont très efficaces chez les patients Alzheimer", note le spécialiste. Outre un meilleur moral, le patient voit aussi sa qualité de vie améliorée: ses troubles cognitifs et du comportement peuvent diminuer, et son autonomie augmenter. Un bénéfice qui mérite que l'éventualité d'une dépression chez le patient Alzheimer soit envisagée.

Jonathan Barbier

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