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L'excès de cholestérol à 40 ans, un facteur de risque de démence?

Une étude pointe le lien entre le développement de la maladie d'Alzheimer et un niveau de cholestérol important chez les personnes âgées d'une quarantaine d'années. Gare au gras!

Plusieurs études ont déjà démontré l'influence que pouvaient avoir certaines substances contenues dans les aliments: les Oméga 3, présents notamment dans le poisson, ou encore les polyphénols, que l'on retrouve dans le raisin, auraient un effet préventif contre la maladie d'Alzheimer. Malheureusement, l'alimentation peut aussi constituer un facteur de risque: selon de récents travaux* menés par des chercheurs américains et finlandais, le cholestérol aurait une incidence particulièrement négative: pour un quadragénaire, présenter un taux de cholestérol important augmenterait les risques de développer, à terme, la maladie d'Alzheimer.

Elevé ou modéré, l'excès de cholestérol est nuisible

L'enquête repose sur un vaste échantillon: 9.844 personnes âgées de 40 à 45 ans, recrutées entre 1964 à 1973. Dans ce groupe, 598 personnes ont finalement développé, entre 60 et 80 ans, une maladie d'Alzheimer ou une démence comparable. Les personnes qui présentent un taux de cholestérol élevé à partir de 40 ans courent donc 66% de risque en plus de développer plus tard la maladie d'Alzheimer. A titre indicatif, un taux de cholestérol est considéré comme élevé lorsqu'il dépasse les 240 milligrammes par décilitre de sang.

Résultat encore plus inquiétant: les personnes dont le taux de cholestérol n'était que modérément élevé (niveau compris entre 200 et 240mg), encouraient 52% de risque en plus par rapport à celles qui affichent des mesures normales.

Les réflexes pour réduire son taux de cholestérol

Les auteurs de l'étude tiennent néanmoins à rassurer le public: «La bonne nouvelle, c'est que ce qui est bon pour le coeur l'est également pour le cerveau. Il s'agit donc d'un facteur de risque sur lequel on peut avoir une prise, en réduisant son niveau de cholestérol grâce à un mode de vie plus sain», remarque Rachel Whitmer, membre de l'équipe qui a conduit les travaux.

Pratiquer une activité physique régulière et limiter la consommation d'aliments trop riches en matières grasses, et notamment les aliments riches en acides gras saturé - comme les viandes, les abats, les oeufs, le lait entier - , sont donc conseillés. En plus de contribuer à prévenir la maladie d'Alzheimer, ces réflexes judicieux constituent aussi un facteur de diminution des risques de problèmes cardio-vasculaires.

Jonathan Barbier

Source:Solomon A. et col. (2009) Midlife Serum Cholesterol and Increased Risk of Alzheimer's and Vascular Dementia Three Decades Later. - Dementia & Geriatric Cognitive Disorders: 28: 75-80.

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