Zoom

iStock_000011036209XSmall_493x200

L'hormone de la faim liée à la maladie d'Alzheimer?

Régulant l'appétit, la leptine jouerait aussi un rôle clé dans le développement de la maladie d'Alzheimer. Un constat qui ouvre de nouveaux horizons thérapeutiques.

Produite par les cellules graisseuses durant un repas, la leptine permet de réguler l'appétit, en contrôlant l'impression de satiété. D'après les experts, certains obèses seraient insensibles à cette hormone, et donc incapables de contrôler leur sentiment de faim. Mais la leptine pourrait jouer un rôle bien plus complexe encore. Selon une étude récente*, les risques d'être atteint de la maladie d'Alzheimer dépendraient notamment de la concentration de cette hormone dans l'organisme.

L'importance du niveau de leptine

Pour aboutir à cette conclusion, des chercheurs américains ont étudié, entre 1990 et 1994, les niveaux de leptine de plusieurs centaines de personnes âgées. Huit ans plus tard, des scans du cerveau ont été effectués chez les participants aux travaux. Résultat: environ un quart des sujets possédant les plus faibles quantités de leptine dans l'organisme ont déclaré la maladie d'Alzheimer, contre seulement 6% chez ceux détenant un fort taux de cette hormone.

La leptine, un rôle de marqueur?

Premières du genre à mettre en évidence un tel lien entre la leptine et la maladie d'Alzheimer, ces conclusions doivent encore être confirmées. Les scientifiques tiennent en tout cas une piste prometteuse. D'après les auteurs de l'étude, la mesure du taux de leptine pourrait servir de marqueur afin d'anticiper un éventuel développement de la maladie. Attention toutefois: un faible niveau de leptine ne signifie pas nécessairement l'apparition d'une démence. Il ne s'agit que d'un facteur de risque parmi d'autres.

Une piste thérapeutique

Autre possibilité évoquée par les chercheurs américains: au vu de l'influence clé de la leptine dans le cerveau, l'hormone pourrait jouer un rôle dans les thérapies destinées à lutter contre la maladie. Mais la tâche sera rude pour les scientifiques. Si les traitements à base de leptine ont donné d'excellents résultats pour soigner des souris de laboratoires atteintes d'obésité, elles n'ont pas eu les effets escomptés sur les patients. Les résultats seront peut-être meilleurs en matière de lutte contre la maladie d'Alzheimer.

Jonathan Barbier

Publicité
Les maladies de A à Z