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Suivi des patients: l'obstacle de la langue

Service de traduction, recours à du personnel polyglotte... Le suivi des patients d'origine étrangère doit parfois s'adapter aux difficultés linguistiques.

Ils sont pour la plupart parfaitement intégrés en Belgique et ont souvent vécu plusieurs années sur notre sol. Pourtant, certains immigrés maîtrisent mal le français ou le néerlandais. Conséquence, la prise en charge des patients d'origine étrangère se heurte parfois a un obstacle: la barrière linguistique.

Des difficultés pour établir le diagnostic

«Cela peut constituer un problème en termes de diagnostic, notamment pour effectuer certains tests précis, comme le MMSE (Mini Mental State Examination), note Thierry Pepersack, responsable du Service de gériatrie à l'Hôpital Erasme, à Bruxelles. Nous sommes dotés d'une équipe de traduction, mais ce n'est pas le cas de tous les établissements. Il faut parfois faire appel à la famille du patient pour servir d'interprète.»

Les associations s'adaptent

Les contraintes liées à la mauvaise compréhension linguistique sont aussi rencontrées par les associations de patients. «Autant que possible, nous faisons appel à des baluchonneurs parlant la langue du malade», souligne Angélina Sartenaer, coordinatrice de l'asbl Baluchon. L'association vise à permettre aux aidants de se reposer et de souffler: elle envoie des «baluchonneurs», qui sont des personnes compétentes et formées au suivi des malades atteints d'Alzheimer, afin de les remplacer durant quelques jours et assurer le bien-être du patient. «D'un point de vue pratique, mais aussi pour permettre au patient de conserver ses repères et se sentir à l'aise avec le baluchonneur, il est préférable que ce dernier maîtrise la langue de son interlocuteur».

Un accueil en institution encore rare

L'accueil dans les maisons de retraite et centres d'accueil spécialisés pose également parfois problème. Les pensionnaires d'origine étrangère ne constituent que 4% des effectifs globaux. «Les familles n'osent pas toujours confier leur proche malade à ce type d'institution, de crainte que la qualité de la prise en charge ne soit amoindrie par la différence de langue», note Myriam Bodart, coordinatrice à Infor-Homes. L'asbl, présente à Bruxelles, en Wallonie et en Flandres, aide les personnes âgées et leur entourage à trouver une institution d'accueil. Néanmoins, Myriam Bodart pointe un autre motif pour expliquer cette faible présence des immigrés: certaines communautés préfèrent appliquer la solidarité familiale.

D'ailleurs, sur le terrain, les institutions sont de plus en plus aptes à répondre aux besoins de ces malades.«Dans les centres d'accueil, il y a souvent du personnel d'origine étrangère qui maîtrise la langue du patient», souligne Myriam Bodart.

Jonathan Barbier

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