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De la testostérone pour contrer la maladie d'Alzheimer?

Une récente étude américaine laisse entrevoir la possibilité de prévenir et de traiter la maladie d'Alzheimer par une thérapie à base de testostérone. L'introduction de testostérone chez des souris mâles a en effet ralenti l'apparition des plaques amyloïdes, l'un des principaux facteurs de la maladie d'Alzheimer.

La testostérone permettrait de prévenir ou de ralentir le développement de la maladie d'Alzheimer. C'est en tout cas ce qu'induit une étude américaine publiée récemment dans The Journal of Neuroscience. Comment les chercheurs de la Davis School of Gerontology de l'Université du Sud de la Californie s'y sont-ils pris pour réaliser une telle découverte? Ils ont utilisé des souris mâles dotées de gènes les rendant vulnérables à la maladie. Ils ont alors enlevé les glandes sexuelles (appelées gonades) à certaines d'entre elles. Conséquence, ces souris ne pouvaient plus produire de testostérone, l'hormone sexuelle mâle par excellence même si elle est aussi présente en plus faibles quantité chez les femelles. En parallèle, les scientifiques ont laissé d'autres souris intactes.

Des souris plus vulnérables

Résultat: Lors d'un test, les souris non productrices de testostérone se sont montrées beaucoup moins performantes pour trouver la sortie d'un labyrinthe. Mais, surtout, elles ont développé plus de plaques amyloïdes au cerveau que les souris laissées intactes. Or, les plaques amyloïdes – provoquées par une accumulation anormale de fragments de protéines hors des cellules – sont un des principaux facteurs de la maladie d’Alzheimer. L'étude a donc mis en évidence que les souris ne produisant plus de testostérone étaient plus vulnérables à la maladie.

La maladie ralentie

Mais l’expérience menée par le Pr Pike et son équipe ne s’arrête pas là. Dans un deuxième temps, ils ont injecté de la testostérone sous la peau des souris qui ne pouvaient plus en fabriquer. Et là, ils ont constaté une diminution de leurs problèmes comportementaux mais aussi un ralentissement de l'accumulation des plaques amyloïdes. "Ces résultats sont enthousiasmants car ils nous indiquent que nous sommes sur une piste qui mérite d’être poursuivie", explique le Pr Pike.

À étudier chez l’homme

Seul petit bémol: l'équipe du Pr Pike n'a pas essayé d'administrer de la testostérone aux souris femelles ou aux souris mâles dont le niveau de testostérone était normal. Ils ignorent donc les effets de l'expérience dans ce cadre. Par ailleurs, il est encore bien trop tôt pour que des médecins recommandent à des patients Alzheimer une thérapie à base de testostérone car il reste bien évidemment à étudier les effets à long terme de cette thérapie chez l’homme: la prochaine étape selon ces chercheurs!

Aurélie Michel

 

SOURCE: Rosario, E. The Journal of Neuroscience, Dec. 20, 2006; vol 26: pp 13384-13389.

 

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