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Travailler plus longtemps, un mode de prévention contre la maladie?

Selon des chercheurs britanniques, les personnes différant leur départ à la retraite retarderaient également les risques de déclarer la maladie d'Alzheimer

Le travail, c'est la santé! Il y a quelques années, certaines études avaient déjà démontré qu'un haut niveau d'éducation permettait de retarder la dégradation des capacités cognitives des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. De nouveaux travaux viennent souligner que la stimulation intellectuelle est un rempart efficace contre l'apparition des premiers symptômes. Pour une étude britannique, dont les résultats viennent d'être publiés dans l'International Journal of Geriatric Psychiatry, des chercheurs se sont intéressés à 382 personnes âgées atteintes de démence. Le panel était exclusivement composé d'hommes.

Actif plus longtemps = malade plus tard

Après s'être penchés sur l'évolution de la maladie d'Alzheimer chez ces patients, ils ont constaté que le maintien d'une activité professionnelle avait des effets protecteurs: les personnes ayant travaillé au-delà de l'âge prévu de leur retraite avaient généralement déclaré les premiers symptômes après ceux qui avaient cessé leur activité professionnelle de manière anticipée. Selon l'étude, chaque année de travail supplémentaire a permis de retarder l'apparition de la maladie de 6 semaines en moyenne. Les auteurs des travaux reconnaissent qu'il faudrait des analyses supplémentaires pour déterminer les mécanismes ayant freiné la maladie. Mais ils estiment que la stimulation intellectuelle induite par une activité professionnelle pourrait préserver les capacités mentales, et ainsi retarder les premiers symptômes.

Maintenir le niveau de sa «réserve cognitive»

Selon les scientifiques qui ont réalisé cette étude, chaque personne bénéficierait d'une «réserve cognitive». Constituée de la somme des connaissances et du savoir-faire acquis durant l'existence, celle-ci ferait office de barrage à la maladie, à condition de l'entretenir et de l'alimenter le plus longtemps possible. L'étude ne rentre pas dans les détails concernant les activités accomplies par ces seniors un peu zélés. Mais il paraît évident que pointer chaque matin chez son employeur ne garantira pas une assurance anti-Alzheimer. Certains patients ressentent même parfois les premiers troubles de la maladie alors qu'ils mènent encore une brillante carrière.

Et même si, comme le suggère l'étude britannique, le travail apporte un bénéfice, les personnes qui ont choisi de profiter d'une retraite bien méritée ne doivent pas s'inquiéter: l'essentiel est de conserver une vie intellectuelle et sociale suffisamment riche pour stimuler l'activité de son cerveau. Comme le font remarquer les responsables de ces travaux, certains sont d'ailleurs parfois intellectuellement plus actifs à la retraite que lorsqu?ils exerçaient une profession.

Jonathan Barbier

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