Témoignages

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De courte mémoire: hommage à Hugo Claus

Jean-Luc Outers, écrivain

Ecrivain, poète, peintre... Hugo Claus est décédé en 2008. Jean-Luc Outers, écrivain et ami, raconte sa maladie d’Alzheimer, ses derniers instants, dans un livre superbe et émouvant... Un hommage à fleur de mots!

Dans «De courte mémoire», vous racontez notamment les derniers moments de Hugo Claus. Quelle place prend la maladie d’Alzheimer dans votre récit?

«J’y raconte les dernières semaines de Hugo Claus, les premiers oublis mais aussi sa décision de recourir à l’euthanasie... Le texte relate entre autres son enterrement auquel j’ai assisté à Anvers. Une cérémonie qu’il avait lui-même préparée dans les moindres détails... Et j’ai imaginé qu’au-delà de la mort et de la maladie d’Alzheimer, sa mémoire continuait de fonctionner... et qu’il revivait ses souvenirs. L’occasion d’évoquer l’homme, son œuvre, ses derniers moments...»

Qu’est-ce qui vous a amené à écrire ce livre?

«D’abord Hugo Claus, lui-même, que j’ai connu et que j’aimais en tant qu’écrivain (*) mais aussi en tant qu’homme. Il avait une personnalité très forte et dégageait une énergie énorme. La deuxième chose qui m’a poussé à écrire ce livre est son choix concernant sa fin de vie. Il a fixé la date de l’acte d’euthanasie à l’avance, au moment où il était encore en pleine possession de ses moyens. Il disait ne pas avoir peur de la mort mais plutôt de la déchéance.»

Ce livre est-il un hommage à Hugo Claus?

«Oui, tout à fait! Même si ce récit s’inspire librement de la réalité puisque je n’ai pas vraiment enquêté pour l’écrire; le nom de Hugo Claus n’est d’ailleurs même pas cité dans le texte.»

«De courte mémoire» est illustré avec ses derniers dessins. Est-ce une manière de témoigner de sa maladie d’Alzheimer?

«Oui, sa femme, qui a lu le texte, a été touchée et nous a proposé d’utiliser ses derniers dessins pour le bouquin. Lorsque les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer sont apparus, Hugo a arrêté d’écrire mais a continué à dessiner. Il s’agissait souvent d’autoportrait. On y voit, par exemple, un homme portant sa tête sous le bras, privé en quelque sorte de ses facultés mentales... Au fil, de l’évolution de sa maladie, ses dessins sont devenus de plus en plus sommaires, de plus en plus naïfs. Et je les trouve d’autant plus touchants.»

De courte mémoire - Waar het geheugen ophoudt est publié dans une édition bilingue français – néerlandais.

Jean-Luc Outers, De courte mémoire - Waar het geheugen ophoudt. Illustrations de Hugo Claus. Editions: À La Pierre d’Alun. Informations: lapierredalun@skynet.be.

(*) Hugo Claus a été pressenti à plusieurs reprises pour le prix Nobel de littérature sans jamais le recevoir.

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