L'anxiété dope notre odorat!

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30/04/2012

Flairer l'entourloupe, sentir l’embrouille, le roussi ou le souffre… Dans le langage, la détection du danger est souvent associée à notre odorat. Une relique de notre instinct animal? Peut-être! Chez les animaux, l'odorat est un outil essentiel de survie. La moindre émanation de prédateur les met en état d'alerte, plus vigilants à tout ce qui les entoure.

Entre pollution, parfums synthétiques et locaux aseptisés, notre flair à nous en a pris un sacré coup! Notre minuscule nez, comparé à l’organe affuté de certains animaux, nous permet à peine de détecter un plat resté trop longtemps sur le feu!

Et pourtant, d'après une équipe de chercheurs américains, l'instinct hérité de nos ancêtres subsisterait en nous!

Chez les personnes souffrant de troubles anxieux, le sens de l'odorat pourrait être "surdéveloppé"! Ce qui expliquerait qu'ils flairent un potentiel danger tandis que d'autres se sentent en parfaite sécurité.

Comment les scientifiques en sont-ils arrivés à cette conclusion? En demandant à des bénévoles de se prêter à un petit jeu. Tour à tour, chacun a dû renifler des échantillons contenant des odeurs neutres ou négatives. C'est-à-dire pouvant signaler un danger: substance nocive dans l'air, objet en décomposition, etc. Certains spécimens ne contenant qu'une petite proportion de l'un ou de l'autre.

Les chercheurs ont demandé aux participants de détecter la présence ou l'absence de l'odeur négative, tout en mesurant leur taux d'anxiété. Résultat: plus les personnes se sentaient anxieuses, mieux elles distinguaient les « odeurs de danger ».

C’est bien connu, lorsque nous sommes anxieux, nous faisons preuve d’une activité émotionnelle excessive, qui tronque notre analyse du danger: nous surévaluons les risques! Au même titre, l'anxiété doperait nos capacités d'odorat, nous faisant imaginer le pire à chaque effluve suspecte.

Un phénomène qui a sûrement aidé à la survie de l'homme, longtemps en proie à de nombreuses bêtes sauvages!

Reste que dans notre quotidien citadin, flairer l'ennemi n'a plus autant d'importance. A part pour éviter un dragueur collant à la salle de sport ou détecter un parfum suspect sur la veste de son chéri…

 

 

 

Source:
Elizabeth A. Krusemark, Wen Li. Enhanced Olfactory Sensory Perception of Threat in Anxiety: An Event-Related fMRI Study. Chemosensory Perception, 2012;
http://www.sciencedaily.com/releases/2012/03/120322100317.htm

 

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