Alzheimer : vivre avec l’oubli

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29/11/2013

Dans son livre « Vivre avec l’oubli », Isabelle Colleau, thérapeute psycho-corporelle, raconte son histoire personnelle et professionnelle avec la maladie d’Alzheimer. Nous l’avons rencontrée.

Comment avez-vous été confrontée à la maladie d’Alzheimer ?

D’abord par ma grand-mère, dont la maladie s’est déclarée quand j’avais 9 ans. À l’époque, cette pathologie pas n’était pas connue comme aujourd’hui, il y avait moins de structures adaptées. Mes parents n’ont pas voulu la placer, nous l’avons prise à la maison et nous nous en sommes occupés pendant 10 ans, jusqu’à son décès.

Ensuite, lorsque j’ai travaillé en maison de retraite, j’ai côtoyé de nombreuses personnes atteintes de cette maladie, qui peut être très différente d’un patient à l’autre.

Et puis aujourd’hui en tant que thérapeute, je propose des accompagnements de patients et de leurs proches.

De quoi parle votre livre ?

De mon parcours avec la maladie d’Alzheimer, tant personnel que professionnel. J’explique comment j’ai vécu les choses et je donne des conseils pour aider les proches à savoir comment se comporter, ce qu’il faut faire et ne pas faire… Il n’y a pas de termes médicaux compliqués, il s’agit vraiment de mon témoignage personnel.  

Qu’est-ce qui est le plus difficile lorsqu’on s’occupe d’une personne qui souffre d’Alzheimer ?

La patience. Il en faut beaucoup ! Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut être très agressive à certains moments. Il faut garder son calme, attendre que la crise passe.

Pour la famille, il est primordial de se faire aider. Souvent dans les couples, le mari ou la femme veut s’occuper elle-même de sa moitié. Mais les statistiques montrent que 50 % des aidants tombent malades plus vite que la maladie d’Alzheimer n’évolue !

La personne nécessitant une prise en charge constante, il est très important que l’aidant se fasse aider par le neurologue, le kiné, l’orthophoniste, une aide ménagère…

Il ne faut pas que la personne devienne prisonnière de son cocon familial. Il faut continuer à sortir, voir des gens, garder un lien social.

Sinon, les aidants risquent de s’épuiser et de tomber malades ou en dépression. Je parle d’expérience, mes parents en ont fait tous les deux les frais !  

Quel type d’accompagnement proposez-vous au patient et à ses proches ?

J’accompagne des patients qui sont en début de maladie. J’axe sur les activités cognitives, je propose des jeux de mémoire, j’essaie de faire travailler le plus possible leurs cinq sens pour retarder au maximum la perte d’autonomie. Avec la famille, j’offre essentiellement un soutien psychologique. Je pense qu’il est très important qu’ils expriment ce qu’ils ressentent, en particulier auprès de quelqu’un qui comprend ce qu’ils vivent.

Plus d’infos sur la maladie d’Alzheimer

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