Témoignages

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Arrêt du tabac: faites-vous aider!

Pr Pierre Bartsch, pneumologue et tabacologue au CHU de Liège

Face à la bronchite chronique, arrêter de fumer est indispensable. Mais après plusieurs années, dire adieu à la cigarette s'avère souvent très difficile. Une aide médicale peut sortir le fumeur de l'impasse.

Pourquoi est-il important de se faire aider lorsqu'on désire arrêter de fumer?

Il est très rare qu'une personne décide et parvienne à arrêter de fumer seule. Le tabagisme peut être considéré comme une maladie chronique qui doit être prise en charge comme telle. Le tabac induit une double dépendance: physique et psychologique. Physiquement, les fumeurs sont surtout dépendants à la nicotine contenue dans le tabac. Psychologiquement, l'addiction est beaucoup plus complexe à cibler et éliminer. Fumer fait partie intégrante des habitudes de vie des fumeurs.

Pour lutter contre cette double dépendance, l'idéal est de combiner médication et encadrement psychologique. Parmi les médicaments qui peuvent être prescrits par le médecin, on trouve les substituts nicotiniques (chewing-gums, patches), des médicaments tels que la Varenicline, qui agissent sur la sensation de manque et de plaisir, et même, plus rarement, des anti-dépresseurs.

Comment se déroulent les séances d'aide au sevrage tabagique?

La personne qui désire arrêter de fumer peut choisir son interlocuteur privilégié: médecin traitant, tabacologue, pneumologue ou même psychologue (ce dernier ne pourra pas prescrire de médicaments). Dans ces quatre cas, la Sécurité sociale prend en charge huit consultations d'aide au décrochage tabagique, que le patient peut étaler sur deux ans. La première consultation est longue (45 minutes). Le praticien y évalue le degré de dépendance, les motivations de l'arrêt, mais aussi ce qui pourrait pousser la personne à continuer à fumer. Objectifs: développer une prise charge la plus personnalisée possible, et permettre au patient de s'investir dans ce processus. Les autres consultations sont plus courtes (30 minutes). Elles permettent au médecin d'adapter le traitement, de gérer une éventuelle prise de poids, de comprendre l'échec s'il se présente... Il est important de préciser que l'arrêt définitif ne survient souvent qu'après quatre ou cinq tentatives. Aucune raison donc de se décourager!

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