Témoignages

60% des Belges se soumettent régulièrement à un frottis

Pr Philippe Simon, chef du service de gynécologie à l’Hôpital Érasme

L’arrivée d’un vaccin contre le HPV a changé la donne en matière de prévention. Faut-il pour autant négliger le frottis? Le point avec le Pr Philippe Simon, chef du service de gynécologie à l’Hôpital Érasme.

Avec le recul, la vaccination contre le papillomavirus a-t-elle montré son efficacité?

Il a été montré qu’en Australie, premier pays à implémenter la vaccination, les lésions précancéreuses avaient diminué chez les patientes trois ans après le début de la vaccination. Cette observation est issue d’une étude épidémiologique réalisée par les laboratoires d’anatomopathologiques, et pas par les firmes pharmaceutiques. Après les nombreuses polémiques, on a donc désormais la preuve que le vaccin contre le cancer du col de l'utérus est efficace à l’échelle d’une population.

La vaccination a-t-elle atteint ses objectifs en Belgique?

Dans la tranche d’âge premièrement concernée, c’est-à-dire entre 12 et 18 ans, on est à 70% de couverture, ce qui est déjà bien.

Le frottis reste-t-il une priorité?

Tout à fait, car le vaccin ne protège pas contre toutes les souches de HPV. Malheureusement, en Belgique, seules 60% des femmes se soumettent régulièrement à un frottis... Il faut dire que dans notre pays, on ne va pas chercher les gens, contrairement à ce qui se fait en Scandinavie. En Finlande, 85% des femmes ont un dépistage par frottis tous les cinq ans, ce qui en fait le pays qui a le taux le plus bas de cancers du col de l’utérus.

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