Témoignages

Cancer de la prostate: du neuf dans le traitement | Prostaatkanker: nieuwigheden in de behandeling

Cancer de la prostate: du neuf dans le traitement

Pr Bertrand Tombal, chef du Service d’urologie aux Cliniques universitaires de Saint-Luc.

Trois médicaments viennent enrichir l’offre thérapeutique à destination des hommes atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration chimique. Zoom sur ces nouvelles molécules.

Hormonothérapie: l’acétate d’abiratérone et l’enzalutamide

L’acétate d’abiratérone et l’enzalutamide sont des thérapies hormonales ciblées pour les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration chimique.
«Dans le cadre du cancer prostatique, la castration consiste à inhiber la production d’hormones androgènes afin de freiner la progression des cellules cancéreuses», rappelle le Pr Tombal, chef du Service d’urologie aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Mais la cellule cancéreuse trouve rapidement une parade à cette suppression hormonale, et ce de deux manières:

  • en synthétisant ses propres androgènes. Ce processus peut être bloqué par l’acétate d’abiratérone;
  • en «fabriquant» davantage de récepteurs aux androgènes. Et donc même s’il y a moins d’androgènes produits, ils trouvent plus facilement un récepteur auquel se lier puisque ces récepteurs sont plus nombreux. Ces récepteurs peuvent, eux, être bloqués par l’enzalutamide.

«L’acétate d’abiratérone et l’enzalutamide ont un mode d’action relativement similaire», précise le Pr Tombal. «En général, quand le patient devient résistant à l’une de ces molécules, il l’est aussi à l’autre.»
«Ces médicaments étaient précédemment réservés aux patients dont le cancer continuait de progresser après une chimiothérapie. Depuis peu, nous pouvons les utiliser plus tôt, quand les patients ont peu de métastases et avant l’apparition des douleurs osseuses. Ces médicaments permettent d’augmenter la survie et de retarder la mise en route de la chimiothérapie. Le patient gagne ainsi du temps de qualité.»

Des radiations ciblées pour traiter les métastases osseuses du cancer prostatique: le radium-223

Le radium-223 est aussi un nouveau traitement qui vise, lui aussi, à prolonger la durée de vie. Il est réservé aux patients atteints d’un cancer prostatique:

  • qui n’ont que des métastases osseuses (pas de métastases viscérales),
  • qui sont symptomatiques (complications osseuses sévères, douleurs…),
  • qui sont plus âgés et n’ont pas reçu de chimiothérapie.

Le radium-223 se fixe sur les métastases osseuses et y délivre une irradiation locale ciblée qui entraîne la destruction des cellules cancéreuses. Ce médicament permet de freiner la progression de la tumeur sans altérer les tissus environnants.

Pas sans traitement protecteur de l’os!

«Les patients qui reçoivent ces nouvelles molécules ne doivent pas interrompre leur traitement protecteur de l’os», préconise le Pr Tombal.
Ces traitements, les bisphosphonates et le Denosumab, freinent la résorption osseuse provoquée par les ostéoclastes (cellules responsables de la dégradation osseuse). Ils aident à renforcer l’os et permettent ainsi de retarder l’apparition des complications osseuses: fractures, douleurs osseuses, compression de la moelle épinière…
«Les traitements protecteurs de l’os agissent en synergie avec les traitements du cancer de la prostate sur la prévention des complications osseuses», explique le Pr Tombal. «Ces complications apparaissent quand le cancer progresse. En ralentissant la progression de la maladie, les nouveaux traitements du cancer de la prostate avec métastases retardent l’apparition de ces complications. Mais le bénéfice en termes de prévention est encore plus important quand le patient reçoit en parallèle un traitement protecteur de l’os.»

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