Traitement
La chirurgie contre le cancer du sein
La tumorectomie: chirurgie conservatrice
Pour éviter le traumatisme que représente l'ablation complète du sein, la solution chirurgicale que les médecins privilégient est la tumorectomie ou chirurgie conservatrice. On retire chirurgicalement la seule tumeur ainsi qu'une marge de tissus de 1 cm autour de celle-ci. Pourquoi cette marge? Pour être sûr d'enlever toutes les cellules cancéreuses tout en conservant le sein.
La mastectomie: dans 30% des cas
Malheureusement, dans 30% des cas, il est impossible d'éviter l'ablation complète du sein, la mastectomie. Cette opération est inévitable lorsque la taille de la tumeur excède les 5 cm ou lorsque la peau du sein est également touchée par le cancer.
Les traitements néo-adjuvants
Dans certains cas, une chimiothérapie peut être administrée avant l'opération chirurgicale. Elle permet de réduire quelque peu la taille de la tumeur afin de faciliter son ablation. Cette chimiothérapie néo-adjuvante n'est donnée qu'aux patientes pour lesquelles une chimiothérapie est également prévue après l'opération.
Article réalisé en collaboration avec le Dr Véronique D'Hondt (Institut Bordet).
Le ganglion sentinelle
Sous les aisselles
Les ganglions lymphatiques sont présents dans tout le corps. Ils constituent les "noeuds" de circulation du système lymphatique. Passage obligé de la lymphe pour circuler hors du sein, une série de ganglions lymphatiques se trouvent sous l'aisselle.
Le cancer s'étend-t-il?
Ces ganglions servent de repère pour évaluer l'étendue du cancer du sein et pour vérifier si le cancer se répand dans le reste du corps. Les cancers, et celui du sein en particulier, peuvent en effet s'étendre dans le corps par la voie des vaisseaux sanguins ou du système lymphatique. L'oncologue repère le ganglion lymphatique le plus proche du sein: le ganglion sentinelle. Si des cellules cancéreuses sont présentes dans ce ganglion, on procède à un curage axillaire, qui consiste à retirer chirurgicalement une dizaine de ganglions du creux axillaire (aisselle).
Les conséquences du curage
Les ganglions lymphatiques permettent de drainer la lymphe. L'ablation de la totalité des ganglions axillaires peut dès lors entraîner gonflement et douleur au niveau du bras. Ce "gros bras" est lié à l'accumulation de liquide lymphatique dans le membre. Aujourd'hui, on essaye de retirer un minimum de ganglions (une dizaine) pour éviter ce phénomène.
Article réalisé en collaboration avec le Dr Véronique D'Hondt (Institut Bordet).
La radiothérapie
Prévenir une récidive locale
La radiothérapie est utilisée après une tumorectomie et dans certains cas après une mastectomie. À l'aide d'un faisceau de rayons ionisants très précis, le sein est irradié afin de détruire d'éventuelles cellules cancéreuses encore présentes dans celui-ci.
Les effets secondaires de la radiothérapie
La radiothérapie n'est pas sans inconvénient. Elle provoque en effet certains effets secondaires au niveau local: sein douloureux ou gonflé, brûlure au niveau du sein...
Article réalisé en collaboration avec le Dr Véronique D'Hondt (Institut Bordet).
La chimiothérapie
Les métastases
Une des particularités du cancer est sa capacité à s'étendre à d'autres parties du corps. Des cellules cancéreuses peuvent voyager dans le corps via le système sanguin et le système lymphatique. Il arrive alors qu'elles se fixent ailleurs et qu'elles prolifèrent, donnant ainsi naissance à une nouvelle tumeur. Ce nouveau foyer tumoral est une métastase. Les métastases peuvent se former dans les os, le foie, le cerveau, les poumons...
Un traitement adjuvant
La chimiothérapie est parfois utilisée en complément de l'intervention chirurgicale. Le but de ce traitement complémentaire est de détruire d'éventuelles cellules cancéreuses qui auraient quitté la région du sein sans s'être encore transformées en métastases.
Les effets secondaires de la chimiothérapie
La chimiothérapie s'attaque aux cellules à prolifération rapide. Parmi ce type de cellules, on retrouve les cellules cancéreuses mais aussi d'autres cellules de notre corps (système digestif, cheveux) qui seront elles aussi détruites massivement. D'où les nombreux effets secondaires: chute des cheveux, fatigue, anémie, nausées...
Article réalisé en collaboration avec le Dr Véronique D'Hondt (Institut Bordet).
Cancer du sein de type HER2
Un cancer plus agressif
Chez 20 à 25% des femmes touchées par le cancer du sein, la protéine HER2, responsable de la régulation de la prolifération cellulaire, est en nombre anormal à la surface des cellules cancéreuses. Résultat: la croissance de la tumeur est plus rapide et plus importante.
Un meilleur pronostic
Depuis 2005, un nouveau traitement complémentaire à la chirurgie est utilisé dans le cadre de cancer du sein de type HER2. Le principe actif de ce traitement bloque la protéine HER2 et permet donc d'améliorer le pronostic lié à ce type de cancer. Combiné à la chimiothérapie, il fait chuter la mortalité d'un tiers et le risque de récidive de moitié.
Article réalisé en collaboration avec le Dr Véronique D'Hondt (Institut Bordet).
L'hormonothérapie
Des cancers sensibles aux hormones féminines
À peu près deux tiers des cancers du sein sont sensibles aux oestrogènes, des hormones féminines. Ils sont dits hormonosensibles. La croissance de la tumeur est dans ce type de cancer stimulée par l'exposition à ces hormones. Le fait d'avoir un cancer du sein hormonosensible permet un meilleur pronostic car des traitements existent pour réduire l'action des hormones.
Un traitement complémentaire
L'hormonothérapie permet de réduire la production d'hormones féminines ou de bloquer les récepteurs hormonaux des cellules cancéreuses. Résultat: la prolifération des cellules cancéreuses est ralentie. L'hormonothérapie est associée à une chute conséquente de la mortalité et permet dans certains cas de diminuer de plus de 50% le risque de rechute de la maladie.
Article réalisé en collaboration avec le Dr Véronique D'Hondt (Institut Bordet).
Les médicaments antiangiogéniques
La tumeur s'alimente
L'angiogénèse est considérée comme un processus clé dans la progression du cancer du sein. Pour survivre et pour se développer, la tumeur a besoin de se nourrir. Elle va donc créer à partir de cellules avoisinantes de nouveaux vaisseaux sanguins qui vont l'irriguer, l'alimenter. Ce mécanisme s'appelle l'angiogénèse.
Les antiangiogéniques
Une classe de médicaments s'attaque à ce processus. Les médicaments antiangiogéniques empêchent le développement des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur.
Article réalisé en collaboration avec le Dr Véronique D'Hondt (Institut Bordet).
Rémission ou guérison?
Rémission
Le taux de survie relative à 5 ans est de 75 à 80% pour le cancer du sein. Il ne faut pas confondre rémission et guérison. La rémission signifie qu'il n'y a plus aucune trace de cancer après traitement. Il existe cependant toujours un risque de récidive du cancer ou d'apparition de métastases. On parle de guérison si aucune récidive n'est apparue plusieurs années après la fin du traitement. Ce nombre d'années varie en fonction du type de cancer.
Les examens après la fin du traitement
En raison du risque de récidive, des examens de contrôle sont effectués régulièrement après la fin du traitement. La patiente devra effectuer une visite de suivi chez son oncologue tous les six mois jusqu'à la 5e année puis annuellement. Une mammographie sur base annuelle est également prévue.
Article réalisé en collaboration avec le Dr Véronique D'Hondt (Institut Bordet).
Pour suivre l'actualité médicale, abonnez-vous aux newsletters MediPedia.




















MediPedia Facebook