Témoignages

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Dépistage systématique du cancer de la prostate?

Dr. Vera Nelen, Provinciaal Instituut voor Hygiëne Antwerpen

L'analyse des taux sanguin de PSA permet de dépister un cancer de la prostate à un stade précoce. Effectuer ce test à grande échelle n’est néanmoins pas envisagé à l’heure actuelle. Explications avec le Dr Nelen.

Le dépistage précoce du cancer de la prostate a-t-il un effet positif sur la mortalité?

D’après l’étude ERSPC menée dans 8 pays sur 180.000 participants (dont 10.000 originaires d’Anvers), un dépistage systématique de la population par le biais du test PSA diminue de 20% la mortalité due au cancer de la prostate.

 

Néanmoins, le test PSA n’est pas suffisamment précis pour permettre de dépister tous les hommes. Pour quelles raisons?

Ce test révèle un taux de PSA élevé en cas de cancer de la prostate, mais aussi d’hypertrophie bénigne de la prostate et de prostatite (inflammation de la prostate). Seule une biopsie permet de poser avec certitude le diagnostic de cancer de la prostate. De plus, le test PSA entraîne un surdiagnostic: 30 à 50% des cancers détectés sont en réalité des "cancers dormants". Ces cancers ne sont pas agressifs et n’évoluent pas ou très lentement. Ils ne nécessitent dès lors pas une prise en charge immédiate. Un suivi actif suffit.

 

Un dépistage systématique pourrait-il aussi entraîner un surtraitement.

C’est exact. Tout surdiagnostic est associé à un risque de surtraitement, qu’il faut absolument éviter. Car, dans ce cas, un nombre accru d’hommes seraient confrontés trop précocement aux effets secondaires du traitement, comme les problèmes intestinaux, l’incontinence ou les troubles de l’érection. Ces effets secondaires ont un impact important sur la qualité de vie.

 

Cette perte de qualité de vie ne contrebalance-t-elle pas la baisse de mortalité?

Pour éviter un décès par cancer de la prostate il faut convoquer 1.410 hommes pour un dosage de la PSA. Un cancer de la prostate sera diagnostiqué chez 82 d’entre eux. Parmi ceux-ci, 48 n’auraient jamais été diagnostiqués sans ce test, mais seront quand même traités. Et 34 seront pris en charge beaucoup plus tôt et subiront les effets secondaires plus longtemps. Au final, la mortalité aura été diminuée de 20%: ce ne seront pas 5 mais 4 hommes sur les 1.410 qui décéderont d’un cancer de la prostate. Ces chiffres, associés aux risques de surtraitement et de surdiagnostic, expliquent qu'un dépistage systématique par le biais du test PSA n'est à l'heure actuelle pas envisagé en Belgique.

 

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