Témoignages

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Ma dépression passe difficilement auprès des enfants

Denise, 42 ans

Une dépression, des problèmes psychiques dans la famille, le sujet est généralement tabou. Les enfants ont honte d’en parler à leurs copains. Comme le montre l’histoire de Denise, dépressive depuis 15 ans.

Un soutien dans la relation

Depuis 12 ans, je suis en couple avec Jean qui souffre aussi d’une maladie psychique. Être tous les deux dépressifs ne nous a pas entraînés dans une spirale négative mais a apporté une sorte de dynamique à notre relation: quand l’un va mal, l’autre est plus fort et peut le soutenir. Tous les deux, nous avons fait régulièrement des séjours à l’hôpital mais jamais simultanément. En 12 ans, cela signifie quand même quelque chose!

À chaque admission, l’un était là pour s’occuper des enfants, pendant que l’autre était mal. J’ai 4 enfants d’une relation précédente et nous avons ensemble une fille. Les deux aînés ont quitté la maison et j’ai déjà un petit-fils.

 

Honte de la dépression de maman

Mon fils de 14 ans et ma fille de 12 ans habitent encore à la maison. Je vois bien qu’ils ne veulent pas raconter à leurs copains et copines que leurs parents ont des problèmes psychiques. Pourtant, ces dernières années, je me suis dit que c’était mieux d’en parler à notre entourage.

Les gens savent encore tellement peu de choses sur la dépression et les autres maladies mentales. J’ai toujours dit à mes enfants qu’ils ne devaient pas avoir honte que leur maman soit dépressive. Mais je sens bien qu’ils sont gênés. Ils préfèrent raconter que leur maman ne travaille pas parce qu’elle souffre du dos. Ce qui est aussi le cas mais n’est pas la raison pour laquelle je n’ai plus d’activité professionnelle. Ils préfèrent donner à leurs amis une explication d’ordre physique plutôt que psychique.

 

On n’en parle pas non plus entre ados

Pendant les grandes vacances, mon fils a été admis 5 semaines en pédopsychiatrie pour une mise au point. Ses copains ne pouvaient absolument pas être au courant. Les ados méprisent les jeunes qui ont des problèmes psychologiques. Mais quel mal peut-il y avoir à se faire examiner pour des problèmes de concentration et d’étude?

Il a raconté à ses copains qu’il partait 5 semaines à l’étranger. Il était certain ainsi qu’aucun ne l’appellerait pour se voir ou ne viendrait lui rendre visite. Cela m’a un peu choquée. Je lui en ai parlé mais je ne le force pas car je ne veux pas non plus que ses amis le stigmatisent et le harcèlent à ce propos.

 

La dépression est trop interpellante

Les gens ne tiennent généralement pas compte du fait que les dépressifs sont des personnes normales, qu’une dépression peut arriver à tout le monde. Je sais d’expérience que la vie n’est pas facile pour beaucoup de gens: on travaille toute la journée, on rentre chez soi, on fait le ménage, on s’occupe des enfants et on recommence le lendemain! Beaucoup préfèrent ne pas songer à l’éventualité qu’un beau jour la machine pourrait s’enrayer. Peut-être est-ce trop interpellant pour certains? Je le vois bien avec mes frères: ils sont toujours prêts à m’aider sur le plan pratique mais à parler de ce qui ne va pas chez moi, non!

 

Cet article a été réalisé en collaboration avec l’association Ups&Downs. www.upsendowns.be

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