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Maladie mentale: les proches souffrent aussi!

Pr Paul Lievens, Président de la Fédération Similes Francophone

Pour gérer la souffrance liée à la maladie mentale d'un proche, l'asbl Similes organise des groupes de paroles mensuels. Présentation avec le professeur Paul Lievens, Président de l'association.

Similes aide les proches de patients souffrant de maladies mentales. Pourquoi?

En Belgique, une personne sur dix souffre d'un trouble psychique: schizophrénie, troubles bipolaires, dépression... Autrement dit, 10% de la population belge est en contact avec le monde psychiatrique! Les patients sont bien entendu soignés mais on oublie souvent que leurs proches souffrent également. Pour un père ou une mère, découvrir que son fils de 16 ans souffre de schizophrénie est une catastrophe.

Que proposez-vous face à ce problème?

En tant que psychiatre, j'ai été confronté très tôt au drame vécu par les proches. Cette souffrance m'a frappé d'autant plus que rien n'était fait pour ces personnes. Les familles ont longtemps été laissées pour compte et n'étaient que rarement associées au traitement. Or une grande partie des soins est devenue extrahospitalière impliquant les familles plus qu'avant. Nous avons donc décidé en 92 de créer des groupes de parole pour les proches.

Quel est le but de ces groupes?

Les proches de personnes atteintes de maladie mentale outre leur souffrance sont envahis par des sentiments de solitude, de culpabilité et d'impuissance. La charge d'un patient est émotionnellement et financièrement lourde et perturbe souvent très profondément la vie familiale. Ces groupes leur permettent de se rassembler et de partager leurs problèmes. De cette façon, ils arrivent à se réconforter. Ils ne sont plus seuls!

Comment ces groupes de parole fonctionnent-ils?

Les proches se rassemblent une fois par mois pour partager leurs expériences. Il ne s'agit pas d'un groupe de thérapie mais bien de groupe de parole. Il n'y a d'ailleurs pas de meneur mais simplement une personne qui contrôle le temps de parole et organise la rencontre.

Quels sont les résultats?

On constate en général une amélioration au bout d'un an ou deux. Les proches se sentent alors mieux et ne culpabilisent plus. Il y a évidemment toujours de nouveaux malades et, chaque année, de nouvelles personnes font appel à notre association. Il faut donc être continuellement sur la brèche.

Pour plus d'informations, 02/644.92.00 ou www.similes.org.

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