Témoignages

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Ma dépression: un secret (trop) bien gardé…

Carole, 35 ans, employée de banque

Carole émerge petit à petit de sa dépression. Avec le soutien de son médecin généraliste et de sa voisine, elle se risque à nouveau à quelques sorties. Il lui aura fallu plus de six mois avant de tenter de surmonter sa dépression.

Une accumulation de soucis

«Mon divorce m’a épuisée tant moralement que physiquement. Comme je ne supportais plus de vivre à proximité de mon ex-mari, j’ai déménagé à la côte. Je travaille dans une grande banque et il m’était facile de me faire muter dans une agence locale. Mais, ma famille habitait loin de là et, de tout notre cercle d’amis, peu sont restés en contact avec moi. Au début, je me suis sentie très seule. Même si c’est moi qui avais pris la décision de m’éloigner, j’avais l’impression que tout le monde m’avait laissé tomber. Je ne pouvais pas me permettre de ne pas travailler et c’était la seule chose pour laquelle je mettais encore le nez dehors. Nous étions en hiver, il faisait sombre et froid. Dans mon nouvel appartement aussi.»

La dépression s’est installée

«Mes nouveaux collègues me considéraient avec méfiance et mon nouveau patron n’était pas des plus commodes. Tout devait rouler comme il l’avait décidé. Comme je voulais me montrer sous mon meilleur jour à mes collègues, je gardais tout en moi. Je ne parlais à personne de mon divorce, c’était trop douloureux. Et je ne voulais surtout pas souffrir. Je me disais que tout finirait par s’arranger, que je devais seulement donner du temps au temps. De fil en aiguille, je n’arrivais plus à dormir, j’étais de plus en plus fatiguée, je n’avais plus envie de rien et tout, même sortir de mon lit et me laver, me paraissait insurmontable… et je ne voulais pas prendre de jours de congé car j’étais nouvelle à l’agence. J’étais désespérée, sans espoir d’amélioration.»

Un premier pas vers le traitement

«C’est ma voisine du dessus qui m’a trouvée un dimanche matin en pleurs sur le palier. Je lui ai tout raconté et elle m’a convaincue de prendre rendez-vous chez son médecin généraliste en m’assurant que c’était une femme très gentille et très compréhensive. Le médecin m’a immédiatement réconfortée: «Vous souffrez d’une dépression, mais cela se soigne. Vous ne devez pas tout me raconter aujourd’hui». Les deux premiers mois, je l’ai vue chaque semaine en consultation, ensuite tous les mois et, aujourd’hui encore, tous les trois mois.»

Des antidépresseurs et des entretiens

«Je n’aime pas prendre des médicaments. Mais, lors de ma deuxième visite, la doctoresse m’a expliqué que ma dépression était une véritable maladie et que, vu l’intensité des symptomes, j’avais besoin d’antidépresseurs. Heureusement, elle ne s’est pas contentée de prescrire des médicaments, elle a aussi pris le temps de m’écouter. Elle me réservait à chaque fois une demi-heure. Au début, c’est surtout de la frustration que j’exprimais, mais après un certain temps j’ai pu relativiser davantage ma situation. Je m’entends maintenant bien avec mon directeur d’agence qui apprécie ma ponctualité et mes nouveaux collègues savent désormais qu’ils peuvent compter sur moi. Je sors de temps en temps avec ma voisine du dessus prendre l’air à une terrasse maintenant que la météo se réchauffe. J’espère pouvoir profiter pleinement cet été du soleil, de la mer et de la plage...»

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