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Comment aborder le sujet?

Greta Bolle, sexologue-thérapeute relationnelle, Bruxelles.

Votre partenaire ne veut plus faire l’amour. Pas de câlins non plus. Au début, vous pensiez qu’il voyait une autre femme. Vous soupçonnez maintenant que c’est à cause de ses érections. Greta Bolle, sexologue, vous explique comment aborder le sujet.

Pourquoi est-il nécessaire de parler d’un éventuel problème d’érection?

Greta Bolle: De par leur fonctionnement sexuel, les hommes sont très vulnérables. Là où une femme peut simuler, un homme ne peut tout simplement plus avoir de rapports. Un problème d’érection est dès lors par définition un problème de couple. Ce qui signifie que la vie sexuelle du couple est perturbée et qu’il faut trouver un nouvel équilibre. La meilleure façon d’y arriver, et aussi la plus efficace, est d’en parler. Quand toute conversation est impossible, le couple en vient fréquemment à ne plus avoir aucun contact sexuel. Ce qui mène à la solitude et à l’isolement.

 

Comment la femme peut-elle initier une telle conversation?

GB: Faire preuve d’empathie est une bonne façon d’aborder le problème. Par exemple: «J’ai remarqué que cela ne marchait pas vraiment ces derniers temps, cela ne doit pas être facile pour toi». En prononçant ces paroles, vous créez une ouverture par laquelle les sentiments peuvent s’exprimer. Vous pouvez aussi parler des vôtres en expliquant la façon dont vous vivez cette situation.

Vous lancer des reproches, vous fâcher, provoquer disputes et discussions ne sont d’aucune aide. C’est souvent là qu’il y a des frictions. Je sais, par expérience, que les gens font souvent preuve de peu d’empathie. Les femmes se sentent flouées. Elles sont en colère contre leur mari parce qu’elles ne reçoivent plus ce qui est important pour elles: la satisfaction sexuelle. On obtient souvent même l’effet contraire: on évite tout contact corporel.

 

Quel est votre rôle dans le rétablissement de la communication dans le couple?

GB: Je fonctionne comme une sorte de «facilitateur», quelqu’un qui amorce la conversation. On crée une sorte de contexte neutre: en ma présence, les personnes osent moins se mettre en colère, elles s’expriment plus souvent sur un ton neutre. Elles s’écoutent aussi car si l’une passe à l’attaque, l’autre n’entend plus et se met immédiatement sur la défensive. Je laisse les couples exprimer et répéter dans leurs propres mots ce qu’ils ont compris de notre entretien.

 

Aidez-vous aussi à chercher des solutions ou des alternatives?

GB: Tout à fait. Si on choisit une pilule facilitatrice de l’érection, il est aussi important de découvrir comment l’homme et la femme le vivent. D’autre part, je discute aussi avec eux de l’importance accordée à la pénétration. Car, qu’est-ce que le sexe en fin de compte? Créer un lien intime et se donner mutuellement du plaisir. Pour le matérialiser, le couple doit former une équipe. Il faut supprimer ce stress de la pénétration en recherchant des alternatives. Les deux partenaires doivent-ils toujours être comblés au même moment? Ou alors l’homme peut-il donner du plaisir sexuel à sa compagne d’une autre façon, avec les doigts, la bouche… et cela ne s’arrête pas là! L’objectif est bien de maintenir une sorte de connexion entre les deux personnes. Et qu’elles ne nient pas tout ce qui a trait au sexe.

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