Symptômes
- 1. Symptômes de l’insuffisance cardiaque
- 2. Les organes touchés par l’insuffisance cardiaque
- 3. Évolution et degré de gravité de l'insuffisance cardiaque

Symptômes de l’insuffisance cardiaque
Des efforts de moins en moins bien tolérés
Au début, une insuffisance cardiaque mineure peut passer inaperçue. Le plus souvent, elle se manifeste au cours d’efforts physiques importants. Ensuite, les symptômes apparaissent pour des efforts de plus en plus légers, voire même au repos lorsque la maladie est devenue plus sévère.
Essoufflement, fatigue…
Les principaux symptômes de l’insuffisance cardiaque sont l’essoufflement (dyspnée), la fatigue, le gonflement des pieds et des chevilles, la prise de poids, des douleurs abdominales ou des difficultés respiratoires en position couchée.
Dans l’insuffisance cardiaque, le cœur n’effectue plus son travail de pompe et ne parvient plus à adapter son débit aux demandes de l’organisme. Or, les variations de demande d’oxygène sont très fréquentes au cours d’une journée: monter les escaliers, soulever ses courses, courir après un bus, marcher en pente… Le cœur ne peut plus envoyer suffisamment de sang soit vers les poumons pour qu’il soit oxygéné (cœur droit), soit vers les organes (cœur gauche). Autre conséquence le sang contenant le gaz carbonique, de retour des organes vers le cœur, s’accumule dans le système veineux de retour vers le cœur.
Article réalisé avec la collaboration du Belgian Working Group on Heart Failure and Cardiac Function (BWGHF), groupe de travail belge sur l'insuffisance cardiaque de la Belgian Society of Cardiology (www.bwghf.be / www.insuffisance-cardiaque.be)
Les organes touchés par l’insuffisance cardiaque
Le cœur
En cas d’insuffisance cardiaque, le cœur tente de compenser sa défaillance. Cela va entraîner un remodelage cardiaque avec une déformation du cœur, qui aboutira à une augmentation de son volume. Cette dilatation du cœur provoque elle-même d’autres complications. Par ailleurs, le rythme cardiaque peut s’accélérer et devenir irrégulier.
Les muscles
Les muscles ne reçoivent pas tout le sang oxygéné dont ils ont besoin. Ils se fatiguent donc plus vite. Cela explique en partie la mauvaise capacité physique des insuffisants cardiaques. En outre, les muscles s’affaiblissent s’ils ne sont pas régulièrement utilisés: « moins on fait, moins on est capable de faire ».
Les reins
En cas d’insuffisance cardiaque, les reins ne sont plus correctement perfusés et ne filtrent plus le sang de manière adéquate. À la clé: une insuffisance rénale. L’organisme ne parvient alors plus à éliminer les déchets et l’excès de liquide.
Les poumons
La distension des veines des poumons entraîne un essoufflement. Il apparaît d’abord pour des efforts importants, puis pour des efforts plus légers. Si la situation s’aggrave encore, du liquide envahit les poumons: c’est l’œdème pulmonaire. L’essoufflement devient alors intense et s’accompagne d’angoisse, de sueurs, de toux et de crachats sanguinolents.
La cavité abdominale
Le ralentissement du retour veineux au cœur fait saillir les veines du cou. Le foie se congestionne et devient douloureux. Du liquide s’accumule dans l’abdomen, qui gonfle (ascite).
Les membres inférieurs
Le corps réagit à l’insuffisance cardiaque en retenant de l’eau et du sel. Cette accumulation d’eau peut entraîner un gonflement des pieds et des chevilles (d’abord mou, puis dur et douloureux lorsqu’il devient chronique). Elle peut aussi être à l'origine d’une prise de poids, parfois rapide. Lorsque ce liquide revient dans la circulation, il augmente le travail du cœur.
Autres conséquences de l'insuffisance cardiaque
La position couchée peut être mal supportée. Dans cette position, les poumons peuvent plus facilement se gorger de liquide et provoquer un important essoufflement, ou susciter l’envie d’uriner. Enfin, de l’anorexie, des nausées, des insomnies, des troubles de la concentration… sont également possibles.
Article réalisé avec la collaboration du Belgian Working Group on Heart Failure and Cardiac Function (BWGHF), groupe de travail belge sur l'insuffisance cardiaque de la Belgian Society of Cardiology (www.bwghf.be / www.insuffisance-cardiaque.be)
Évolution et degré de gravité de l'insuffisance cardiaque
Évolution par poussées
L’insuffisance cardiaque est une maladie grave, potentiellement mortelle, surtout en l’absence d’un traitement adéquat.
L’évolution se fait le plus souvent par poussées successives – on parle alors d'insuffisance cardiaque aiguë – pendant lesquelles les symptômes sont exacerbés. Ces épisodes sont favorisés ou déclenchés par un certain nombre de facteurs, dont les principaux sont:
- les infections bronchiques,
- un excès de sel dans l'alimentation,
- un trouble du rythme cardiaque,
- une poussée d'hypertension,
- une anémie,
- un relâchement dans le traitement ou une aggravation de la maladie qui est à l'origine de l'insuffisance cardiaque (infarctus, problème de valve…).
La mortalité augmente avec l’âge, la sévérité de la maladie et la présence de certains troubles du rythme cardiaque (fibrillation auriculaire) ou de problèmes valvulaires.
L’insuffisance cardiaque est à l’origine de nombreuses et coûteuses hospitalisations. La gravité de l’insuffisance cardiaque est évaluée au travers de ses symptômes et du handicap qu’elle entraîne.
Évaluation de la gravité de l'insuffisance cardiaque
On distingue quatre catégories de sévérité de l'insuffisance cardiaque selon la classification de la NYHA:
- Classe I: pas de limitation de l'activité physique. L'activité physique habituelle n'engendre pas de fatigue exagérée, de palpitations, d'essoufflement (dyspnée) ni de douleurs angineuses.
- Classe II: limitation modérée de l'activité physique. Absence de symptôme au repos, mais l'activité physique habituelle entraîne fatigue, palpitation, essoufflement (dyspnée) ou douleur angineuse.
- Classe III: limitation marquée de l'activité physique. Absence au repos de symptômes, mais une activité physique inférieure à la normale entraîne fatigue, palpitations, essoufflement (dyspnée) ou douleurs angineuses.
- Classe IV: impossibilité d'effectuer toute activité physique sans gêne. Les symptômes d'insuffisance cardiaque existent parfois même au repos. La gêne est augmentée par toute activité physique.
Le traitement de l'insuffisance cardiaque est adapté en fonction de la classe.
Article réalisé avec la collaboration du Belgian Working Group on Heart Failure and Cardiac Function (BWGHF), groupe de travail belge sur l'insuffisance cardiaque de la Belgian Society of Cardiology (www.bwghf.be / www.insuffisance-cardiaque.be)
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