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Donner un rein ne diminue pas l'espérance de vie

Une vaste étude américaine menée sur 3698 patients, donneurs entre 1963 et 2007, vient de démontrer qu'à court comme à long terme, le fait de donner un rein de son vivant n'influe pas sur l'état de santé. La qualité de vie du donneur serait même meilleure que celle de la population générale.

L'un des intérêts de cette étude réside également dans l'analyse pointue de différents paramètres sur une population plus réduite de donneurs. "Les données récoltées indiquent que, même 20 ans après le don de rein, le risque de développer une albuminurie (présence de protéines dans les urines) ou une hypertension artérielle ne serait pas plus important que le risque observé dans la population générale", commente le Pr Eric Goffin, chef de clinique du service de néphrologie des Cliniques Universitaires Saint-Luc.

Pas d'impact non plus sur la fonction rénale

Dans la mesure où le rein restant peut adapter sa capacité de filtration au fait de fonctionner seul, le risque pour les donneurs de présenter par la suite une insuffisance rénale n'est pas majoré, et peut même être légèrement inférieur au risque encouru par la population générale. Pour le Pr Goffin, deux éléments peuvent expliquer les résultats très positifs de cette étude. "Les donneurs sont sélectionnés de façon très stricte en fonction, notamment, de l'état de santé de leurs reins. Ils bénéficient en outre d'un suivi rigoureux sur plusieurs années."

Le don renforce l'estime de soi

D'après les auteurs de l'étude, la qualité de vie des donneurs serait également globalement meilleure que celle de la population générale. "Faire don de l'un de ses reins de son vivant est un acte valorisant. La grande majorité des donneurs en retirent une grande satisfaction personnelle. Ces sentiments positifs peuvent avoir une influence sur le psychisme, mais aussi sur l'état de santé général", poursuit le Pr Goffin.

Don de rein de donneur vivant: un plus pour le patient

Aux Cliniques Universitaires Saint-Luc, 12 des 90 reins greffés en 2008 provenaient d'un donneur vivant. "De 4 ou 5 % les années précédentes, nous sommes donc passés à plus de 13% de donneurs vivants." Pour les patients en attente de greffe, les avantages sont de taille. "La planification de la transplantation est souvent plus précoce, ce qui permet aux patients d'éviter la dialyse. Les chances de succès de la greffe sont également plus grandes: tous les détails des deux opérations (celle du donneur et celle de receveur) peuvent être passés en revue au préalable et un traitement anti-rejet peut être administré plus tôt au patient." Dans la mesure où il n'altère pas l'état de santé du donneur, et compte tenu de ses avantages pour le patient greffé, le don de rein de donneur vivant est un geste qui gagnerait à être encore davantage encouragé.

Aurélie Bastin

Source: Hassan N. Ibrahim et al., Long-Term Consequences of Kidney Donation, New England Journal of Medicine, Vol 360:459-469, January 29, 2009, Number 5.

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