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Donneurs vivants : qui sont-ils ?

Depuis les années 80, le nombre de transplantations rénales à partir de donneurs vivants n'a cessé d'augmenter. Mais qui sont donc ces donneurs vivants et quels risques encourent-ils vraiment ? Le tour de la question avec le Docteur Daniel Abramowicz, Chef de clinique du service de néphrologie médicale à l'Hôpital Erasme.

Evaluer la fonction rénale

Pour donner un rein à un proche, il est préférable d’être en excellente santé. « Comme c’est une opération qui ne bénéficie pas au donneur, il faut veiller à limiter les risques au maximum », nous explique le Docteur Abramowicz. Il faut que le donneur soit en bonne santé, non seulement pour éviter les complications post-opératoires, mais aussi pour s’assurer qu’il pourra vivre avec un seul rein sans finir par souffrir lui-même d’insuffisance rénale. On va donc procéder à une série de tests destinés à s’assurer que sa fonction rénale est bien « normale et symétrique », c’est-à-dire répartie de manière équilibrée sur les deux reins.

Qui sont les donneurs ?

Mais qui sont-ils ces donneurs de reins bénévoles ? « On distingue deux types de donneurs vivants » commente le docteur Abramowicz, « les donneurs familiaux comme les frères et les soeurs, les parents, les enfants mais aussi des cousins des oncles ou des tantes ; et les donneurs « émotionnellement liés », c’est-à-dire, le plus souvent, le conjoint ».

La compatibilité tissulaire

Seuls les frères et les soeurs sont susceptibles d’être complètement compatibles pour tous les antigènes de transplantation∗ (HLA). « Ce cas est idéal » observe le Docteur Abramowicz « car les rejets sont plus rares, moins de médicaments anti-rejet sont nécessaires et le greffon survit plus longtemps ». En dehors de ce cas de compatibilité tissulaire, toutes les autres greffes se valent en terme de rejet et de viabilité du greffon, qu’il s’agisse de membres de la famille ou non. « En réalité, il n’existe pas de restriction pour des problèmes de rejet, en ce qui concerne les donneurs » explique Daniel Abramowicz, « il y a seulement des cas plus favorables que d’autres ».

Des greffes réussies

Dans tous les cas, les greffes de rein à partir d’un donneur vivant connaissent moins d’échec au cours de la première année de greffe (5% contre 10% pour les donneurs décédés), le patient ne doit pas attendre une greffe sur la liste d’attente des greffons provenants de donneurs décédés, et le rein greffé va fonctionner en moyenne un peu mieux et un peu plus longtemps. Quant au donneur, il peut être sur pied déjà deux jour après l’intervention et sort de l’hôpital au plus tôt 4 à 5 jours après.

Le don de soi

« La base de ces dons est l’altruisme », remarque Daniel Abramowicz, « ils concernent le plus souvent des membres de la famille ou encore le conjoint. En réalité, sur le long terme, la vie du donneur n’est pas altérée puisqu’on peut très bien vivre avec un seul rein, mais il existe des complications majeures dues à l’intervention chirurgicale (dans 10% des cas) qui peuvent mener au décès (dans 3 cas pour 10000). Cependant, quand on informe le futur donneur sur les risques qu’il encourt, aucun ne se désiste jamais. Et quand on les interroge a posteriori, 90 à 95% des donneurs déclarent qu’ils le referaient ! »

Probablement l’immense satisfaction d’avoir aidé un proche...

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