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Grossesse et insuffisance rénale: quels sont les risques?

Au stade de la prédialyse et de la dialyse, même si la fertilité des patientes atteintes d'insuffisance rénale est fortement réduite, les risques de grossesse ne sont pas nuls. Accidentelles ou planifiées, de telles grossesses nécessitent un suivi médical spécifique et présentent de hauts risques de complications.

D'après une étude américaine (1), l'aggravation d'une insuffisancerénale préexistante, en cours de grossesse, surviendrait dans 20% des cas. Et si la plupart des patientes peuvent espérer récupérer une fonction rénale identique après l'accouchement, une partie d'entre elles sont susceptibles de développer très rapidement une insuffisance rénale chronique terminale. Sous dialyse, les risques pour la future mère sont plus importants encore, les complications liées à une hypertension artérielle exacerbée par la grossesse étant légion. Dans ces deux cas, tenter délibérément de tomber enceinte est donc fortement déconseillé, d'autant que les risques pour le bébé sont également très conséquents.

Complications pour le foetus

En cas de grossesse chez une patiente atteinte d'insuffisance rénale modérée, les chances de survie du bébé sont assez élevées. Néanmoins, dans ce cas de figure, les chercheurs relèvent tout de même de 43 à 73% de naissances prématurées et de 22% à 57 % de retards de croissance. Très rares dans la mesure où l'insuffisance rénale entraîne d'importants troubles de la fertilité, les grossesses en dialyse se passent souvent assez mal. "Beaucoup de fausses couches et de complications parfois graves sont constatées", déplore le Dr Christine Kirkpatrick, chef de clinique au service de gynécologue et obstétrique de l'hôpital Erasme à Bruxelles. "La greffe diminue considérablement les risques, tant pour la mère que pour le foetus. Il est donc vivement conseillé aux femmes dialysées qui souhaitent avoir un enfant d'attendre d'être transplantées."

Mettre un maximum de chances de son côté…

Que la grossesse soit accidentelle ou planifiée, une bonne coopération entre le néphrologue, l'unité de grossesse à risque et l'équipe de néonatalogie est indispensable. Afin d'assurer le meilleur suivi possible pour la mère comme pour le bébé, les visites néonatales et les examens doivent être beaucoup plus fréquents que ce qui est recommandé en cas de grossesse normale. Pour prévenir les risques de complications, il est généralement conseillé à la patiente de contrôler très régulièrement sa pression artérielle. Comme le souligne le Dr Kirkpatrick, "les femmes atteintes d'insuffisance rénale ne souhaitant pas attendre une greffe devraient signaler suffisamment tôt leur désir de grossesse. L'équipe médicale pourrait ainsi effectuer une évaluation de leur état de santé et les informer des risques qu'elles encourent".

Aurélie Bastin

(1) HOU S., Pregnancy in chronic renal insufficiency and end-stage renal disease, Am. J. Kidney. Dis. 1999:33(2), 235-252.

Photo: © Sylvaine Thomas - FOTOLIA

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