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Hémodialyses à l'hôpital: fréquentes et coûteuses

Malgré les incitants financiers poussant à l'utilisation des formes de dialyse alternatives, la majorité des patients insuffisants rénaux effectuent leur dialyse à l'hôpital.

Sur les près de 7.000 patients insuffisants rénaux belges en attente d'un don d'organe ou n'entrant médicalement pas dans les critères pour recevoir une transplantation, 66% se rendent encore à l'hôpital deux à trois fois par semaine pour une dialyse. Un quart de tous les patients insuffisants rénaux fréquente un centre satellite adossé à un hôpital, où ils effectuent eux-mêmes une partie de leur traitement. Seuls 10% des patients exécutent leur dialyse eux-mêmes à domicile, et moins de 1% ont opté pour la dialyse péritonéale.

Nous avons rencontré le Dr I. Cleemput, experte senior en analyse économique auprès du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE).

Pourquoi le nombre d'hémodialyses à l'hôpital reste-t-il aussi élevé, malgré son découragement par les autorités publiques?

"Le montant reversé par l'INAMI pour l'hémodialyse à l'hôpital est généralement plus élevé que le coût de ce traitement pour l'hôpital. C'est donc pour ce dernier une source de revenus non négligeable."

Qui décide du traitement à suivre, le médecin ou le patient'

"S'il n'y a pas de contre-indications pour l'une ou l'autre forme de dialyse, le choix dépendra des préférences du patient et de ses proches. Le succès du traitement est en effet en grande partie tributaire de la motivation et de la discipline du patient."

Et si c'est tout de même le médecin qui décide, il le fait alors généralement en faveur de l'hôpital où il travaille?

"La direction de l'hôpital ne peut pas directement imposer un choix aux médecins. Mais il y a bien une influence indirecte. La position d'un groupe de médecins au sein d'un hôpital est co-déterminée par les rentrées que leur discipline génère pour celui-ci. Par conséquent, les médecins pourraient, sciemment ou non, diriger leurs patients vers l'hémodialyse à l'hôpital plutôt que, par exemple, vers l'hémodialyse péritonéale (pour laquelle l'hôpital ne retouche pas grand-chose)."

Ne peut-on pas tout simplement obliger les hôpitaux à faire moins de dialyses?

"Non. Le patient peut préférer la dialyse à l'hôpital. Dans ce cas, il n'est pas judicieux de le traiter tout de même par hémodialyse à domicile ou par hémodialyse en centre collectif. Car, je le répète, le succès de ces traitements"alternatifs" dépend fortement de la motivation et de la responsabilité du patient envers son propre traitement. Les patients doivent être suffisamment et correctement informés quant aux différentes possibilités de dialyse, afin qu'ils puissent, le cas échéant, choisir leur traitement en toute connaissance de cause. "

 

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