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Métro-boulot-dodo, une greffe en plus...

Espoir de retour à une vie "normale", la greffe de rein est également synonyme, pour certains patients atteints d'insuffisance rénale, de reprise d'une activité professionnelle. Méfiance des employeurs, fatigue, risque de rechutes... Bien que des solutions puissent être envisagées, le chemin de la réinsertion est souvent semé d'embûches.

"Dans les jours qui suivent la greffe, les personnes transplantées sont extrêmement fatiguées", explique le Dr Catherine Bonvoisin, néphrologue au Centre Hospitalier Universitaire de Liège. "Chez les patients de moins de 65 ans, cette fatigue disparaît généralement quelques mois après l'opération, mais il arrive parfois que certains d'entre eux, affaiblis par de longs mois de dialyse, doivent postposer à un an la reprise d'une activité professionnelle." Les médicaments immunodépresseurs, indispensables pour limiter les risques de rejet, peuvent également faire barrage à la reprise du travail. Il est en effet assez fréquent qu'ils génèrent des complications infectieuses ou des problèmes métaboliques au long cours. "A ces difficultés, s'ajoute encore une éventuelle perte du greffon", poursuit le Dr Bonvoisin. "Les trois premiers mois sont les plus critiques. Le risque va ensuite en s'atténuant jusqu'à devenir pratiquement nul un an après la greffe."

Une reprise au travail en douceur

De 3 à 6 mois après l'opération, le patient greffé est orienté vers les services sociaux de sa commune ou vers un organisme compétent en matière d'aide aux personnes handicapées. "Les transplantés ne sont pas considérés légalement comme invalides, mais ils ont la possibilité de reprendre le travail sous forme de mi-temps médical," précise le Dr Bonvoisin. "Cette formule facilite leur réinsertion tout en leur permettant de bénéficier d'une rémunération complète prise en charge pour moitié par la Mutuelle". Quant aux caractéristiques du métier exercé, elles n'influenceraient que peu la reprise du travail. "Même s'il est évident qu'une secrétaire pourra bénéficier plus facilement d'un mi-temps médical qu'un chauffeur poids lourds, certains de mes patients sont manutentionnaires comme d'autres sont ingénieurs ou boulangers." Aucun métier n'est donc vraiment contre-indiqué après une transplantation.

Réinsertion au cas par cas

Même si elles aspirent à retrouver une vie normale, les personnes greffées gardent souvent l'étiquette de malades chroniques aux yeux des employeurs. "La réinsertion professionnelle des patients qui ont continué à travailler malgré leur maladie est beaucoup plus facile que celle des personnes dialysées qui ont été contraintes de se tenir à l'écart de la vie active pendant 10 ou 15 ans", souligne le Dr Bonvoisin. "La maladie rénale peut également perturber gravement la scolarité des enfants ou des adolescents et retourner sur les bancs de l'école vers 25 ou 30 ans n'est pas toujours évident. Pour les jeunes patients peu qualifiés, il est donc souvent très difficile de trouver un emploi."

Aurélie Bastin, avec la collaboration du Dr Catherine Bonvoisin, néphrologue à l'Hôpital Universitaire de Liège.

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