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Le toucher massage en dialyse: une bulle de bien-être

Des gestes qui apaisent, réconfortent et donnent aux patients le sentiment d'être "comme tout le monde". Pratiqué depuis près de dix ans dans le service de dialyse du CHU Brugmann, à Bruxelles, le toucher massage pourrait se généraliser dans d'autres hôpitaux ou centres de dialyse.

"Il y a un peu plus de dix ans, une collègue infirmière formée à ce type d’approche a commencé à masser les pieds des patients dialysés", explique Pascale Baert, infirmière coordinatrice "qualité" au CHU Brugmann. "Le succès a immédiatement été au rendez-vous. Les malades étaient plus détendus et parvenaient à s'endormir plus facilement." Une première expérience qui incite une dizaine d'autres infirmières à se former à une technique un peu particulière: le toucher massage. "Les premiers mois n'ont pas été faciles. La salle de dialyse est assez bruyante et dédiée avant tout aux soins médicaux." Réclamées par les patients, ces petites bulles de bien-être se sont toutefois très vite imposées…

Écoute du corps et éveil des émotions

À l'origine de ce concept, le psychologue et kinésithérapeute français Joël Savatofski définit le toucher massage comme "une intention bienveillante qui prend forme grâce au toucher et à l'enchaînement des gestes et qui permet de détendre, remettre en forme, rassurer et communiquer". "Bien plus qu'un simple geste technique visant les muscles ou les tendons, le toucher massage permet d'être à l'écoute de l'ensemble du corps et d'éveiller les émotions", précise Pascale Baert. "La maladie fait peur. Les patients sont moins souvent touchés par leur entourage. Grâce à cette approche, ils ont à nouveau l'impression d'exister."

Un moyen de communication efficace

S'il n'a pas un impact direct sur l'efficacité du traitement, le toucher massage améliore sensiblement la qualité de vie des personnes hospitalisées. "Je considère ces massages comme un soin infirmier à part entière car ils nous permettent d'entrer plus facilement dans une relation d'aide et d'écoute avec les patients." À l’instar de la Clinique Saint-Joseph de Mons, la première à avoir emboîté le pas au CHU Brugmann, le toucher massage pourrait faire son apparition dans d'autres centres et s’étendre à l’ensemble des services. Les hôpitaux pourraient ainsi être associés à la douce chaleur d'un cocon!

Aurélie Bastin

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