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Voyager quand on souffre d'insuffisance rénale ? On aurait tort de s'en priver !

Il existe plusieurs raisons qui peuvent amener un insuffisant rénal à voyager : un événement familial, une urgence comme la maladie ou la mort d'un proche ou bien encore, tout simplement, l'envie de prendre des vacances à l'étranger ou de visiter un autre pays. Partir en voyage quand on souffre d'insuffisance rénale ? Bien sûr, c'est possible, mais il faut tout même prendre un certain nombre de précautions.

L’hémodialyse : s’y prendre à l’avance

Tout d’abord, il convient de préparer son voyage longtemps à l’avance, « entre 4 et 6 mois » estime le docteur Vandervelde, Chef du service néphrologie des hôpitaux du réseau Iris-Sud. En effet, certains centres de dialyse, notamment du sud de la France, doivent faire face à des demandes accrues durant les mois d’été et les disponibilités sont réduites. Les patients sous hémodialyse se rendent plutôt en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et en Asie. Les centres sont plus rares en Afrique sub-saharienne, surtout en Afrique centrale, et en Amérique du Sud. Pas de problème, par contre, pour se rendre au Maroc, en Algérie et en Tunisie.

Une solide planification

Dans chaque centre de dialyse, il existe un répertoire de tous les autres centres de par le monde. Cela permet au patient de prendre ses dispositions et de planifier son voyage. « Le centre de destination doit recevoir un dossier complet pour chaque patient qui veut s’y rendre durant ses vacances, nous explique le docteur Vandervelde, et c’est au néphrologue de s’en charger ». Si la plupart des patients préfèrent rester dans un endroit et ne dépendre que d’un seul centre, certains préfèrent – ou sont obligés – de se déplacer. « Parmi mes patients, on trouve des artistes qui partent parfois en tournée » confirme le docteur Vandervelde. C’est donc possible même si cela demande une solide planification.

La dialyse péritonéale

« Pour le patient sous dialysepéritonéale, la situation est à la fois plus simple et plus compliquée », remarque le docteur Vandervelde. En effet, si l’on en fait la demande, les firmes internationales qui produisent le dialysat s’entendent avec leurs sièges à l’étranger et s’arrangent pour que tous les produits vous soient livrés, sur le lieu de vos vacances, avant même que vous arriviez ! Vous pouvez ainsi partir les mains vides, ou presque, puisqu’il vous faudra tout de même emporter votre cycleur, la machine à dialyser.

Il faut aussi que la dialyse se fasse dans des conditions d’hygiène irréprochable.

Si vous devez partir de toute urgence et que vous n’avez pas le temps de planifier votre voyage, le mieux est de contacter le centre de dialyse le plus proche de votre destination et de vérifier leurs disponibilités. Ensuite, il faudra encore leur faxer toutes les données médicales qui vous concernent et sans lesquelles ils ne pourront vous traiter.

Transplanté : la liberté

Enfin, les patients qui ont subi une transplantation doivent demander conseil à leur transplanteur avant de partir. « Généralement, si tout se passe bien, il est possible de voyager déjà trois mois après la transplantation » déclare le docteur Vandervelde. Emportez toujours suffisamment de médicaments pour ne pas tomber à court, car certains immunosuppresseurs pourraient être difficiles à se procurer sur votre lieu de vacances.

Lutter contre la soif

Et puis, si vous devez limiter les apports en liquides, il existe des solutions pour étancher la soif : évitez les aliments salés, sucez des glaçons et des bonbons à la menthe ou au citron. On trouve aussi des petits bâtonnets rafraîchissants dans la plupart des centres de dialyse.

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