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Thérapie génique: état des lieux

Guérir les malades atteints d’une maladie lysosomale en corrigeant le défaut génétique à l'origine de leur pathologie. C’est l'objectif de la thérapie génique. Une technique révolutionnaire encore confrontée à de nombreux écueils.

Thérapie génique: un espoir pour de nombreux patients

Cancers, affections cardiaques, maladies neurodégénératives... De très nombreuses maladies ont une origine génétique. Ce qui veut dire qu’elle sont causées par une mutation, héritée ou non, dans l’un de nos milliers de gènes. "La thérapie génique consiste à corriger l'anomalie génétique à l'origine d'une maladie en réparant l'ADN des cellules d'un individu", explique le Pr Étienne Sokal, chef du service de Gastro-entérologie et hépatologie pédiatrique aux Cliniques universitaires Saint-Luc et chercheur en biotechnologies. "Le but de la technique est de corriger génétiquement un nombre suffisant de cellules pour qu'elles se reproduisent dans l'organisme et contrent le déficit à l'origine de la maladie."

Atteindre l'ADN par le biais de virus

Pour remplacer un gène déficient par un gène fonctionnel, il faut pouvoir l'acheminer dans le noyau de la cellule. C'est là que réside l'ADN, sur lequel sont consignées sous forme de gènes les recettes de fabrication de tous les composés produits par les cellules. Pour y parvenir, les scientifiques doivent utiliser un vecteur capable de modifier l'ADN. Les virus se sont imposés comme des candidats idéaux. Pourquoi? Parce qu’ils utilisent ce mécanisme de ciblage de l’ADN pour pouvoir contaminer nos cellules et se reproduire. Aujourd'hui, différentes sortes de virus ainsi que d'autres types de vecteurs sont à l'étude et pourraient être employés en thérapie génique.

Des effets indésirables encore mal compris

Avant d'utiliser un virus comme vecteur, les chercheurs doivent évidemment le remanier pour le rendre inoffensif. Le gène corrigé est ensuite intégré au virus de manière à être transporté à l'endroit exact que l'on désire modifier sur l'ADN. "Le hic, c'est qu'il est très difficile de neutraliser totalement le potentiel néfaste des virus", souligne le Pr Sokal. "De même, cibler avec précision l'ADN n'est pas une mince affaire. Des essais ont montré que l'insertion du gène corrigé dans l'ADN pouvait activer des gènes voisins. Un phénomène qui risque d'entraîner certaines formes de cancers."

La recherche continue mais la route est longue!

Ces problèmes expliquent pourquoi la thérapie génique n’a pas encore été directement testée sur des malades atteints d’une maladie lysosomale. Sans parler des difficultés liées à la manière d'acheminer les cellules modifiées à l’intérieur des tissus touchés par la maladie lysosomale. En 2011, un essai clinique de thérapie génique a été lancé pour la première fois sur des patients atteints de la maladie de Sanfilippo de type A. Cela dit, il faudra encore attendre de nombreuses années avant que la thérapie génique ne soit réellement efficace… et sans risque. Mais les recherches se poursuivent sans relâche et l'espoir est au bout du tunnel!

M. Sands, B. Davidson, Gene therapy for lysosomal storage diseases, Molecular Therapy, Vol. 13 (5), 2006

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