Témoignages

Maldigestion: un bon suivi est essentiel | Slechte spijsvertering: een goede follow-up is essentieel

Maldigestion: un bon suivi est essentiel

Dr Anne Druez, Service de gastroentérologie, CHU Dinant-Godinne UCL Namur

Alimentation, gestion de la douleur, hygiène de vie: quels sont les bons gestes à adopter au quotidien pour vivre au mieux avec la maldigestion liée à une insuffisance pancréatique exocrine?

Quels conseils diététiques peut-on donner aux personnes souffrant de maldigestion liée à une insuffisance pancréatique exocrine?

Il est primordial que ces personnes adoptent la meilleure hygiène de vie possible. Je recommande dès lors à mes patients d’avoir une alimentation variée et équilibrée. À cet égard, l’aide d’un diététicien peut être précieuse pour prendre de bonnes habitudes alimentaires.
Les personnes souffrant de maldigestion liée à une insuffisance pancréatique exocrine ne doivent surtout pas s’astreindre à des régimes drastiques. Ceux-ci risquent en effet d’aggraver la dénutrition et d’entraîner davantage de carences. Les repas plus riches en lipides ne sont donc pas exclus pour autant qu’ils soient bien tolérés par le patient.

Quelle est la place du traitement par substitution enzymatique?

L’alimentation et le traitement par substitution enzymatique sont étroitement liés dans la prise en charge de la maldigestion liée à une insuffisance pancréatique exocrine. Les enzymes digestives de substitution aident à pallier le manque d’enzymes normalement produites par le pancréas. Les doses doivent être ajustées pour que le patient ne présente plus de symptômes (stéatorrhée, douleurs…), qu’il puisse manger de tout et que ses besoins en nutriments soient comblés. Un suivi médical régulier est donc essentiel.

Comment gérer les douleurs liées à l’insuffisance pancréatique exocrine?

La gestion des douleurs chroniques requiert également un bon suivi par le médecin généraliste et le gastroentérologue afin de trouver un traitement antidouleur adapté au patient. En l’absence d’amélioration, un traitement endoscopique peut être envisagé.
Il faut par ailleurs rester attentif à l’apparition de «nouvelles» douleurs, qui peuvent être le signe de complications de la maladie pancréatique (une poussée de pancréatite aiguë, par exemple).

À quelle fréquence faut-il voir son médecin quand on est atteint d’insuffisance pancréatique exocrine?

Un patient dont la maladie est stabilisée est généralement vu en consultation une fois tous les six mois. Cela permet de dépister certaines carences, d’établir un bilan nutritionnel et d’évaluer l’état de santé général. Mais certains symptômes doivent pousser à prendre rendez-vous plus tôt que prévu afin de détecter d’éventuelles complications: une diarrhée persistante invalidante, des douleurs abdominales inhabituelles, une perte d’appétit ou une perte de poids sont des exemples de symptômes qui doivent inciter le patient à solliciter sans tarder une consultation médicale.

Quels autres conseils peut-on donner aux patients pour mieux vivre au quotidien avec une insuffisance pancréatique?

Il est essentiel d’arrêter définitivement la consommation d’alcool et de tabac, qui aggravent la progression de la maladie pancréatique. On sait en outre aujourd’hui que le tabagisme augmente aussi le risque de développer une tumeur du pancréas.
Pratiquer une activité physique régulière est en revanche hautement recommandé!
Moyennant une bonne hygiène de vie et une médication adaptée, les symptômes de la maldigestion liée à l’insuffisance pancréatique peuvent être maîtrisés. Il est alors tout à fait possible de mener une vie normale malgré la maladie.

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