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Comprendre la ménopause

Les Belges connaissent-elles bien la ménopause?

La plupart des femmes sont ménopausées plus d’un tiers de leur vie. Une bonne raison de s’interroger sur la perception qu’ont les femmes de 45 à 60 ans sur cette période charnière de leur vie.

La ménopause, «une phase temporaire»

La ménopause est une nouvelle phase importante dans la vie des femmes. Au cours de cette période, la production d’hormones féminines diminue. Cette chute du taux d’hormones entraîne souvent l’apparition de bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sautes d’humeur... «Beaucoup de femmes pensent que la ménopause n’est qu’une phase temporaire», indique le Pr Herman Depypere, gynécologue à l’UZ Gent et vice-président de The Belgian Menopause Society. Dans un article qui paraîtra prochainement dans la revue spécialisée Maturitas, le professeur a analysé avec le BMS les résultats1 d’une enquête en ligne menée auprès de 696 femmes. Il en ressort notamment que «39% savaient que cette phase de leur existence n’était pas de nature passagère, mais durerait le reste de leur vie», commente le Pr Depypere.

La ménopause provoque surtout des désagréments physiques

Malgré la confusion quant à sa durée, les femmes belges sont en général bien au courant de ce qu’est la ménopause.

  • «37% en ont déjà discuté avec leur généraliste ou leur gynécologue avant l’apparition du moindre symptôme», révèle le Pr Depypere.
  • 23% des femmes interrogées dans le cadre de l’enquête ont déclaré ne pas en être incommodées.
  • 77% en éprouvent toutefois bien les inconvénients, surtout sur le plan des capacités physiques et de l’apparence. Elles ne prennent pourtant pas toutes un traitement.

Beaucoup de femmes ne sont pas traitées

«40% des femmes présentant plus de trois symptômes de la ménopause ne prennent aucun traitement», précise le Pr Depypere. Pourtant, la majorité d’entre elles connaissent les traitements possibles. «Ce sont les femmes ayant un faible niveau d’éducation et celles chez qui le diagnostic n’a pas été posé par un médecin qui doivent être les plus informées.» Que font les femmes pour passer ce cap? «L’exercice physique vient en premier, devant le traitement hormonal substitutif (THS).» Avec une différence entre le nord et le sud du pays, les Wallonnes étant plus nombreuses à prendre un THS que les Flamandes.

Traitement hormonal substitutif et alternatives

À côté du THS et de la pratique d’une activité physique régulière, certaines femmes recourent aux techniques de relaxation et à l’acupuncture. «Des études complémentaires seraient nécessaires pour mesurer l’efficacité de ces thérapies en cas de symptômes modérés à sévères», ajoute le Pr Depypere.

Une meilleure information sur la ménopause

«Cette enquête nous a permis de tirer quelques conclusions générales importantes pour l’avenir», commente le Pr Depypere. «Nous devons mieux informer les femmes et insister sur le fait que la ménopause n’est pas une phase temporaire de leur existence. Elles seront alors plus enclines à se rendre chez un médecin, qui pourra instaurer un traitement efficace de longue durée. Aujourd’hui, encore trop de femmes optent pour des remèdes naturels, ou aucun remède du tout, parce qu’elles pensent que les conséquences de la ménopause sont temporaires. Il est également important de rassurer les femmes à propos du THS. Elles sont en effet nombreuses à le refuser par peur du risque de maladies cardiovasculaires notamment. La recherche a toutefois nuancé ce risque.»

1 Cette enquête en ligne a été réalisée en collaboration avec The Belgian Menopause Society et la firme pharmaceutique Abbott.

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