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Des cauchemars annonciateurs du Parkinson?

Des chercheurs l’affirment: des troubles du sommeil pourraient, dans certains cas, prédire l’apparition d’une maladie de Parkinson.

Des cauchemars violents

Plusieurs nuits par semaine, Vincent, 54 ans, fait de violents cauchemars. Il se retourne dans tous les sens dans son lit, donne des coups de pied, crie… Lorsqu’il se rend chez le neurologue avec son épouse, il apprend qu’il souffre de «troubles du comportement associés au sommeil paradoxal», plus connus sous la dénomination anglaise de REM sleep behaviour disorder ou RBD. Selon de récentes études, de tels troubles pourraient constituer les symptômes avant-coureurs d’un syndrome parkinsonien.

Des troubles du sommeil très spécifiques

Les RBD touchent moins de 0,5% de la population. Ils se déroulent lors du sommeil paradoxal, période pendant laquelle nous rêvons. Durant cette phase, notre cerveau connaît une importante activité, mais nos muscles sont normalement à l’arrêt total. En cas de RBD, l’activité musculaire n’est pas entièrement inhibée (stoppée) par notre cerveau. La personne rêve par exemple qu’on la poursuit, qu’on l’attaque, et se livre alors à des mouvements, parfois violents. Elle se débat, s’assied dans le lit, frappe, crie… Les RBD ne doivent pas être confondus avec d’autres troubles du sommeil comme le somnambulisme, beaucoup plus fréquent, et qui consiste en une déambulation de la personne hors du lit.

Parkinson et troubles du sommeil

Depuis 2006, des chercheurs de l’Hospital Clinic de Barcelone se sont penchés sur le lien entre ces troubles du sommeil et la maladie de Parkinson. Lors de leurs premières études, ils ont établi que 45% des personnes qui présentaient des RBD développaient ensuite la maladie de Parkinson ou d’autres maladies apparentées (maladie à corps de Lewy par exemple).

Les chercheurs ont ensuite effectué une étude comparative de 20 personnes souffrant de ces troubles du sommeil et de 20 personnes saines. À l’aide d’une technique de neuro-imagerie, ils ont analysé durant 3 ans la présence de dopamine au sein de la zone productrice de cette substance dans le cerveau. Résultat: le taux de dopamine avait diminué de 20% chez les personnes atteintes de RBD, contre 8% chez les personnes saines. Or, le manque de dopamine, lié à la mort des neurones dopaminergiques, constitue la cause de la maladie de Parkinson…

Malgré ces avancées, il est encore trop tôt pour se prononcer définitivement sur un lien entre RBD et Parkinson. Pour ce faire, des études sur le long terme sont nécessaires.

Dr Alex Iranzo et all ; Serial dopamine transporter imaging of nigrostriatal function in patients with idiopathic rapid-eye-movement sleep behaviour disorder: a prospective study ; The Lancet Neurology, Volume 10, Issue 9, Pages 797 - 805, September 2011 doi:10.1016/S1474-4422(11)70152-1.

Dr Alex Iranzo et all ; Decreased striatal dopamine transporter uptake and substantia nigra hyperechogenicity as risk markers of synucleinopathy in patients with idiopathic rapid-eye-movement sleep behaviour disorder: a prospective study ; The Lancet Neurology, Volume 9, Issue 11, Pages 1070 - 1077, November 2010 doi:10.1016/S1474-4422(10)70216-7.

Dr Alex Iranzo et all ; Rapid-eye-movement sleep behaviour disorder as an early marker for a neurodegenerative disorder: a descriptive study ; The Lancet Neurology, Volume 5, Issue 7, Pages 572 - 577, July 2006 ; doi:10.1016/S1474-4422(06)70476-8`

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