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Shopping, jeux, sexe… et maladie de Parkinson

Devenir "accro" quand on est atteint de Parkinson? C’est possible. Le risque est en effet plus élevé si vous ne respectez pas les doses prescrites pour certains médicaments.

Comportements compulsifs et Parkinson

Lorsqu’on évoque la maladie de Parkinson, on pense aux tremblements, au ralentissement moteur… Nettement moins aux troubles du comportement. Et pourtant. Une étude a révélé que 13,6% des personnes atteintes de la maladie de Parkinson souffrent de comportements compulsifs (1). Au premier rang des addictions, on trouve le shopping (5,7%), les jeux de hasard (5%), la nourriture (4,3%) et le sexe (3,5%).

La faute aux médicaments?

Selon l’étude citée plus haut, les agonistes dopaminergiques peuvent augmenter de deux à trois fois et demi le risque de développer un comportement compulsif. Ce phénomène peut également se produire avec la L-Dopa. Cependant, il n’y a aucune crainte à avoir si l’on respecte les doses prescrites pour ces médicaments.

Dopamine et sensibilité au plaisir

La maladie de Parkinson est liée à un déficit en dopamine (une substance chimique présente dans le cerveau). Pour compenser cette perte, le neurologue peut, entre autres, prescrire des agonistes dopaminergiques à son patient. Problème: ce traitement tend à accroître la sensibilité au plaisir. C’est particulièrement vrai chez les jeunes parkinsoniens (moins de 50 ans). Or, qui dit plus grande sensibilité au plaisir dit évidemment plaisir plus important. Le patient peut donc être tenté d’augmenter seul ses doses de médicaments. Objectif: ressentir les sensations agréables de manière plus forte. La recherche du plaisir devient alors effrénée. Et c’est la porte ouverte à toutes les addictions.

Éviter les comportements compulsifs

Il est toutefois possible de sortir de cet engrenage. En effet, certains neuroleptiques permettent de diminuer ces sensations, sans aggraver les symptômes de la maladie de Parkinson. L’aide d’un psychiatre peut également se révéler utile. Mais pour éviter d’en arriver là, il n’existe qu’une solution: respecter scrupuleusement les doses de médicaments prescrites par le neurologue. Et, à la moindre envie de les augmenter, ne pas hésiter à en parler avec ce dernier.

(1) Weintraub D, Koester J, Potenza MN, Siderowf AD, Stacy M, Voon V, Whetteckey J, Wunderlich GR, Lang AE. Impulse control disorders in Parkinson disease: a cross-sectional study of 3090 patients. Arch Neurol. 2010 May;67(5):589-95.

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