Témoignages

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Traitements de la SEP: risques et bénéfices dans la balance

Pr Alain Maertens de Noordhout, Chef de service de neurologie, CHR de La Citadelle

Il existe aujourd’hui une large gamme de médicaments à destination des personnes atteintes de sclérose en plaques de forme rémittente. Pour calibrer au mieux le traitement, évaluer les bénéfices et les risques de chaque option est indispensable.

Qu’entend-on concrètement par «balance risques - bénéfices»?

Quand nous prescrivons un traitement – quel qu’il soit – nous devons toujours nous poser les questions suivantes:

  • Avec ce traitement, l’état du patient a-t-il plus de chances de s’améliorer ou, du moins, de ne pas se détériorer, que si nous choisissons de ne pas intervenir? En d’autres termes, quel est le bénéfice escompté?
  • Quels sont les risques induits par ce traitement? Quels en sont les effets secondaires potentiels?

Dans le cas de la sclérose en plaques, ces questions sont particulièrement complexes parce que la maladie se manifeste de manière très différente d’un patient à l’autre.

Qu’en est-il des traitements de la SEP?

Les traitements de fond de première ligne (Interférons et acétate de glatiramère (Copaxone®)) permettent de réduire d’un peu plus de 30% la fréquence des poussées.

Ils peuvent provoquer des effets secondaires, certes indésirables, mais généralement bénins.

Si le bénéfice est réel, le risque est modeste. Le rapport risques - bénéfices est donc souvent positif.

La situation se corse pour les traitements dits «de deuxième ligne». Ils sont plus puissants… mais aussi potentiellement plus toxiques.

Quels sont les bénéfices et les risques de ces traitements de deuxième ligne?

Prenons l’exemple du Tysabri® (natalizumab) et du Gilénya® (fingolimod). En Belgique, ces médicaments sont actuellement remboursés soit dans les formes d’emblée sévères de la sclérose en plaques, soit pour les patients chez qui les traitements de première ligne ne donnent pas ou plus de résultat concluant (poussée sous traitement).

Côté effets secondaires, la plupart des patients ne se plaignent de rien au quotidien. Le Tysabri s’administre en perfusion une fois par mois. Le Gilénya se prend sous forme de comprimé.

Mais comme ces médicaments agissent sur la composante inflammatoire de la maladie de manière plus agressive, c’est sur le long terme que des problèmes peuvent survenir: augmentation du risque d’infections virales graves du cerveau chez certaines catégories de patients pour le Tysabri; possible incidence sur l’activité cardiaque et celle du foie ou encore risque d’effets secondaires occulaires et infections opportunistes pour le Gilenya… Les risques associés à ces produits ne sont donc pas négligeables et la balance risque-bénéfice, si elle reste généralement positive, peut être moins favorable que pour les traitements de fond de première ligne.

Ces traitements doivent-ils pour autant être mis de côté?

Certainement pas! Mais les patients qui prennent ces médicaments doivent suivre consciencieusement les indications données par leur médecin.

Ils doivent par ailleurs bénéficier d’un encadrement médical très étroit.

Si les risques sont présents, il existe des stratégies pour les gérer au mieux. Mais cela demande une surveillance particulière et un dialogue permanent entre le médecin et son patient.

À quelle évolution peut-on s’attendre dans le traitement de la sclérose en plaques?

L’avenir est plutôt à l’optimisme. Il y a 20 ans, il n’y avait que très peu de médicaments. Il en existe aujourd’hui toute une panoplie. Dans les années à venir, nous pouvons nous attendre à des produits moins toxiques, à l’action encore plus ciblée.

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