Traitements

L’immunothérapie

Fonctionnement du système immunitaire

En temps normal, le système immunitaire défend l’organisme en combattant les substances «étrangères»: virus, bactéries, cellules transplantées, cellules cancéreuses... Pour ce faire, il dispose de plusieurs armes. Parmi celles-ci, les globules blancs jouent un rôle central. Il existe différents types de globules blancs: les lymphocytes, les neutrophiles les basophiles, les éosinophiles et les monocytes. Parmi les lymphocytes, on dénombre:

  • les lymphocytes B: ils produisent les anticorps. Ces derniers viennent se fixer aux antigènes (protéines spécifiques présentes sur les cellules étrangères, dont les cellules cancéreuses) afin de les éliminer;
  • les lymphocytes T: ils jouent un rôle primordial dans l’élimination des cellules cancéreuses. D’une part, ils coordonnent et régulent le système immunitaire et d’autre part, ils attaquent directement les cellules «intruses».

Quand le système immunitaire échappe au cancer…

Notre système immunitaire élimine constamment les cellules cancéreuses dans leur forme débutante, afin d’éviter que celles-ci ne se développent davantage et prolifèrent. Mais dans certains cas, les cellules cancéreuses parviennent à réduire l’activité et la multiplication des lymphocytes T et ainsi empêcher l’identification des mauvaises cellules. Comment? En stimulant 2 récepteurs (appelées «protéines point de contrôle») présents à la surface des lymphocytes T:

  • les récepteurs CTLA-4,
  • les récepteurs PD-1.

C’est cette stimulation qui inhibe le bon fonctionnement des lymphocytes T et donc, du système immunitaire.

Fonctionnement de l’immunothérapie

L’immunothérapie est un traitement contre le cancer qui consiste à stimuler l’immunité du patient afin de combattre et détruire les cellules cancéreuses. Ce traitement ne détruit donc pas lui-même les cellules cancéreuses mais mobilise le système immunitaire – et particulièrement certains types de globules blancs comme les lymphocytes T – afin que celui-ci élimine le cancer «naturellement». Comment? En administrant au patient des molécules appelées «anticorps monoclonaux». Ces anticorps monoclonaux viennent bloquer

  • soit les récepteurs CTLA-4 et PD-1 présents sur les lymphocytes T,
  • soit le biomarqueur PD-L1 présent à la surface des cellules cancéreuses: c’est ce biomarqueur qui se lie au récepteur PD-1 des lymphocytes T et le stimule.

Cette action permet alors de restaurer ou de maintenir une réponse immunitaire adéquate contre les cellules anticancéreuses.

Immunothérapie et cancer du poumon

Trois anticorps monoclonaux sont aujourd’hui utilisés dans les traitements immunologiques du poumon: le nivolumab ; le pembrolizumab et l’atezolizumab. Ces molécules ciblent le récepteur PD-1 et sont principalement destinées aux patients atteints de cancer dit «non à petites cellules» (CBNPC), qui représentent environ 80% des cancers du poumon.

  • Le nivolumab peut être administré en cas de cancers du poumon non à petites cellules, de type épidermoïde et non épidermoïde, localement avancés ou métastasiques. Il est utilisé comme traitement de seconde ligne, lorsque la chimiothérapie a échoué.
  • Le pembrolizumab peut être utilisé en traitement de 2e ligne pour les cancers du poumon non à petites cellules au stade métastasique lorsque la tumeur présente un biomarqueur PD-L1 supérieur à 1%. Il a également montré son efficacité comme traitement de 1re ligne lorsque la tumeur présente un taux d’expression du PD-L1 élevé (au moins 50%).
  • L’atezolizumab est un anticorps anti-PD-L1 utilisé en traitement de 2e ligne, quel que soit le niveau d’expression de PD-L1.

Les avantages de l’immunothérapie

Les traitements immuno-oncologiques sont administrés à intervalles réguliers par voie intraveineuse. L’administration du traitement se fait généralement en hôpital de jour, ce qui représente un confort non négligeable pour le patient par rapport à d’autres traitements. La majorité des patients ont des effets secondaires légers, voire inexistants. Par contre, certains patients présentent une réaction immunitaire excessive: le système immunitaire est trop fortement activé et se met à réagir contre ses propres cellules (auto-immunité). C’est pour éviter cela que la réaction immunitaire du patient est contrôlée par prise de sang entre chaque administration.

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