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Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et Covid-19: danger ou pas?

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont été accusés en mars 2020 sur les réseaux sociaux d’aggraver les symptômes de la Covid-19. Mal informées, beaucoup de personnes ont dès lors choisi d’autres médicaments en cas de douleurs ou de fièvre. Les résultats d’études scientifiques sont pourtant rassurants et réhabilitent l’usage des AINS.

Le 14 mars 2020, le Ministre français de la Santé, Olivier Véran, lançait une alerte sur Twitter, conseillant à la population française de ne pas consommer d’anti-inflammatoires, car ceux-ci pourraient aggraver les symptômes de la Covid-19. Dans l’Hexagone, mais également dans plusieurs pays d’Europe, dont la Belgique, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre. De nombreuses personnes ont d’emblée ralenti leur consommation d’AINS, préférant en cas de maux de tête, de règles douloureuses, de fièvre ou encore de douleurs articulaires ou rhumatismales se rabattre sur du paracétamol ou sur d’autres traitements allopathiques ou super aliments (curcuma, sauge, etc.).

Rétablir la confiance dans les AINS

Difficile depuis lors de rétablir la confiance, en période de Covid-19, dans les AINS! Et pourtant… En dehors de la France, peu de pays avaient pris des mesures de précaution à l’égard de l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens dans le contexte du coronavirus. Parmi leurs arguments, citons le fait que le manque de données à ce sujet (déjà au printemps 2020) était trop important pour tirer des conclusions.

Covid-19 et AINS: études à l’appui

Depuis ce véritable pavé (médiatique) dans la mare, de très nombreuses études ont été menées au niveau international, dont une, britannique(1), datant de l’été dernier. S’appuyant sur près de 2 millions de personnes, elle a conclu qu’il n’y a aucune différence de risque de décès lié à la Covid-19 associé à l’utilisation des AINS par rapport à une non-utilisation.

Coronavirus: résultats rassurants pour les AINS

En marge de cette étude scientifique, un groupe de réflexion composé d’experts pluridisciplinaires hospitaliers et de ville (GRAINS), soutenu par un laboratoire pharmaceutique, a analysé des données scientifiques concernant l’utilisation des AINS dans le contexte de la Covid-19. Ce travail a porté sur plus de 40 études internationales(2) récentes et ne permet pas d’établir un lien entre les AINS et une aggravation du risque d’infection par la Covid-19. Plusieurs recherches démontrent ainsi l’absence de lien entre l’ibuprofène (un AINS) et l’aggravation de la Covid-19. Par ailleurs, dans une étude danoise, l’utilisation d’AINS n’a pas été associée à une augmentation de la mortalité ni à un risque accru d’hospitalisation(3). Cela a également été détaillé par le groupe de réflexion sur les AINS (GRAINS).
Autre fait rassurant: selon une récente étude d'observation danoise(4), il n'existerait pas de corrélation entre la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et les formes graves de la Covid-19. Autrement dit, les personnes qui ont pris des AINS ne seraient pas plus à risque de développer une forme grave de la Covid-19 que celles qui n'en ont pas pris!

Les AINS réhabilités face à la Covid-19

Au vu des différents travaux scientifiques sur le sujet, l’Agence Européenne du Médicament (EMA) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont tranché définitivement la question. Les deux institutions recommandent de ne pas retirer les AINS parmi les options thérapeutiques disponibles dans le traitement de la fièvre et de la douleur, à condition bien entendu de respecter les précautions d’usage en vigueur pour ce type de médicament (voir posologie). Demandez conseil à votre pharmacien/médecin.

Écrit par Barbara SimonLire l’article suivant

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