Mélanome

Traitement

Traitement du mélanome au stade métastastatique 

Quand le cancer se propage…

Les cellules cancéreuses peuvent passer dans le sang et se propager vers d’autres endroits du corps, en particulier les poumons, le foie ou le cerveau. Malheureusement, la grande majorité des patients atteints de métastases ne peuvent pas bénéficier d’une chirurgie de ces métastases car elles sont trop étendues. La métastasectomie (chirurgie d’excision d’un ou de quelques métastases) est cependant parfois possible.

La chimiothérapie ou la radiothérapie peut être proposée, mais aucun des traitements actuellement disponibles ne permet d’améliorer les chances de survie à long terme.

Des nouveaux traitements

Jusqu’il y a peu, le traitement du mélanome métastatique était très limité. Récemment, une véritable révolution a eu lieu dans la recherche. De nouveaux traitements efficaces sont enfin disponibles :

  • Les thérapies ciblées : elles s’attaquent spécifiquement aux cellules tumorales en bloquant les mécanismes à l’origine de leur multiplication. Elles sont réservées aux mélanomes présentant une mutation particulière (la mutation du gène BRAF). Deux molécules principales sont aujourd’hui utilisées : le dabrafenib et le trametinib.
  • L’immunothérapie

Zoom sur l’immunothérapie

En temps normal, le système immunitaire défend l’organisme en combattant les substances «étrangères»: virus, bactéries, cellules transplantées, cellules cancéreuses... Pour ce faire, il dispose de plusieurs armes. Parmi celles-ci, les globules blancs jouent un rôle central. Il existe différents types de globules blancs: les lymphocytes, les neutrophiles les basophiles, les éosinophiles et les monocytes. Parmi les lymphocytes, on dénombre:

  • les lymphocytes B: ils produisent les anticorps. Ces derniers viennent se fixer aux antigènes (protéines spécifiques présentes sur les cellules étrangères, dont les cellules cancéreuses) afin de les éliminer;
  • les lymphocytes T: ils jouent un rôle primordial dans l’élimination des cellules cancéreuses. D’une part, ils coordonnent et régulent le système immunitaire et d’autre part, ils attaquent directement les cellules «intruses».

Notre système immunitaire élimine constamment les cellules cancéreuses dans leur forme débutante, afin d’éviter que celles-ci ne se développent davantage et prolifèrent. Mais dans certains cas, les cellules cancéreuses parviennent à réduire l’activité et la multiplication des lymphocytes T et ainsi empêcher l’identification des mauvaises cellules. Comment? En stimulant 2 récepteurs (appelées «protéines point de contrôle») présents à la surface des lymphocytes T: les récepteurs CTLA-4 et les récepteurs PD-1. C’est cette stimulation qui inhibe le bon fonctionnement des lymphocytes T et donc, du système immunitaire.

Fonctionnement de l’immunothérapie

L’immunothérapie est un traitement contre le cancer qui consiste à stimuler l’immunité du patient afin de combattre et détruire les cellules cancéreuses. Ce traitement ne détruit donc pas lui-même les cellules cancéreuses mais mobilise le système immunitaire – et particulièrement certains types de globules blancs comme les lymphocytes T – afin que celui-ci élimine le cancer «naturellement». Comment? En administrant au patient des molécules appelées «anticorps monoclonaux». Ces anticorps monoclonaux viennent bloquer

  • soit les récepteurs CTLA-4 et PD-1 présents sur les lymphocytes T,
  • soit le biomarqueur PD-L1 présent à la surface des cellules cancéreuses: c’est ce biomarqueur qui se lie au récepteur PD-1 des lymphocytes T et le stimule.

Cette action permet alors de restaurer ou de maintenir une réponse immunitaire adéquate contre les cellules anticancéreuses.

Immunothérapie et mélanome

L’immunothérapie est efficace chez les patients atteints de mélanome métastatique ou non opérable afin d’en réduire la taille ou d’en maîtriser la croissance. Différents anticorps monoclonaux ciblant le récepteur PD-1 (présent sur les lymphocytes T) peuvent être administrés: le nivolumab et le pembrolizumab. Le nivolumab peut être prescrit seul ou en combinaison avec l’ipilimumab, une molécule qui cible le récepteur CTLA-4.

Les avantages de l’immunothérapie

Les traitements immuno-oncologiques sont administrés à intervalles réguliers par voie intraveineuse. L’administration du traitement se fait généralement en hôpital de jour, ce qui représente un confort non négligeable pour le patient par rapport à d’autres traitements. La majorité des patients ont des effets secondaires légers, voire inexistants. Par contre, certains patients présentent une réaction immunitaire excessive: le système immunitaire est trop fortement activé et se met à réagir contre ses propres cellules (auto-immunité). C’est pour éviter cela que la réaction immunitaire du patient est contrôlée par prise de sang entre chaque administration.

Ecrit par Emily NazionaleLire l’article suivant

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