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Publié le 26/10/2021

Il est possible de surmonter sa peur des aiguilles

Il est possible de surmonter sa peur des aiguilles

Le Dr Elisabeth Huis in ’t Veld (Université de Tilburg, Pays-Bas), chercheuse et experte dans le domaine de la bélonéphobie, et son équipe savent que la crainte de la piqûre peut être un problème grave. Les personnes qui en sont atteintes éprouvent parfois beaucoup de difficultés à parler. Nombre d’entre elles ignorent qu’il existe différentes solutions qui aident à surmonter leur peur des aiguilles.

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Il est important de parler de votre peur des piqûres avec vos proches ou avec votre médecin généraliste, vous verrez que vous n’êtes pas le ou la seul(e) dans ce cas. Faites part de votre anxiété à la personne qui effectue la piqûre, pour qu’elle puisse en tenir compte. Pendant la piqûre, songez à quelque chose d’agréable ou réfléchissez à la raison pour laquelle il est important de vous faire vacciner. Détendez-vous. Inspirez calmement par le nez et expirez par la bouche. Restez concentré(e) sur votre respiration. Accordez-vous une récompense après la piqûre.

Des patches de lidocaïne/prilocaïne

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le soulagement de la douleur pendant la piqûre est un moyen important de réduction de la peur des aiguilles et de diminution de la résistance contre la vaccination(1)(2). C’est possible en endormissant tout simplement la peau à l’endroit de la piqûre avec de la lidocaïne/prilocaïne. Les patches contenant cet anesthésique sont disponibles sur prescription médicale et doivent être appliqués sur le site d’injection au moins 1 heure avant la piqûre. Si vous redoutez la douleur de la piqûre, vous pouvez dès lors demander à votre médecin généraliste une ordonnance pour un patch anesthésiant.
Pas moins de 30% de la population en Belgique et aux Pays-Bas est atteinte de peur des aiguilles, ce qui a un impact sur les soins de santé: les personnes reportent leur consultation chez le dentiste ou hésitent face à une prise de sang ou – un sujet particulièrement actuel – une vaccination.

Une personne atteinte de peur des aiguilles s’évanouit

Le Dr Elisabeth Huis in ’t Veld (Dépt. des Sciences Cognitives et de l’Intelligence Artificielle, Université de Tilburg) n’a sans doute jamais imaginé que ses travaux de recherche prendraient un tournant décisif quand elle verrait s’évanouir une personne qui patientait dans la salle d’attente pour une prise de sang. Elle avait remarqué que l’homme avait encore bavardé juste avant et ne semblait pas avoir conscience de ce qui allait se passer. Des entretiens qu’elle a eus par la suite avec des donneurs de sang, des patients, des médecins et du personnel soignant lui ont permis de comprendre que ce modèle serait la norme plutôt que l’exception: beaucoup de personnes atteintes de peur des aiguilles peuvent à peine mettre des mots sur ce qui leur arrive, jusqu’à ce qu’elles présentent brusquement de forts symptômes. C’est à la suite de cet événement que le Dr Huis in ’t Veld a décidé de mener des recherches sur les mécanismes neurologiques sous-jaccents de la peur des aiguilles et la façon dont on peut arriver à contrôler les réactions physiques et émotionnelles associées.

FAINT mesure votre peur des aiguilles

C’est dès lors sur base de son hypothèse selon laquelle des processus inconscients dans le cerveau et le système nerveux autonome jouent un rôle dans la peur des aiguilles qu’a été développé – au sein du projet de recherche FAINT (FAcial Infrared Thermal imaging in the prevention of needle induced fainting) – un algoritme qui permet de détecter les symptômes précoces de la peur des aiguilles. Au moyen d’une caméra thermique, la température de chaque surface est mesurée dans le visage et l’état de stress de la personne est cartographié. Les modèles correspondant à des émotions déterminées (par ex. flux sanguin, pâleur, rythme cardiaque, respiration) sont reconnus, ce qui permet de dépister les symptômes précoces de la peur des aiguilles. L’algorithme est, en d’autres mots, capable d’évaluer le risque chez une personne bélonéphobe de se sentir mal ou pas – et peut-être de s’évanouir – avant qu’elle n’en soit elle-même consciente.

AINAR: une game app contre la peur des aiguilles

Cet algorithme a ensuite été utilisé pour développer la game app AINAR (Artificial Intelligence for Needle Anxiety Reduction): un jeu qui permet aux personnes de visualiser et de gérer leur peur des aiguilles et, ce faisant, d’affronter une prise de sang ou une vaccination avec confiance (www.ainar.io). Des figures, dont les couleurs reflètent l’état de stress de la personne, sont colorées via des visualisations, où le rouge (stress) doit être remplacé par le bleu. Tandis que la caméra scanne en permanence le visage en quête de symptômes de stress et de peur des aiguilles, on indique via des mécanismes de feedback neurologiques (bio-feedback) si l’utilisateur est calmé ou pas (le rouge devient bleu ou vice-versa). Ce dernier apprend ainsi de manière ludique à contrôler sa peur des aiguilles via des visualisations et/ou des pensées, d’une façon indépendante qui s’avère efficace.
Si la personne en question le permet, ses données sont utilisées pour adapter et améliorer l’algorithme.

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