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Drogues récréatives et VIH: quels effets sur l’adhésion au traitement? | Recreatieve drugs en hiv: welke effecten op de therapietrouw?

Drogues récréatives et VIH: quels effets sur l’adhésion au traitement?

Chez les patients séropositifs, la consommation de drogues récréatives peut s’accompagner d’une moins bonne adhésion à leur traitement. En cause? La crainte des interactions possibles entre le traitement et ces drogues, notamment. Explications.

Les drogues récréatives, un comportement à risque

Ecstasy, GHB, cocaïne, crystal meth et autres drogues s’invitent de plus en plus régulièrement chez les jeunes. En Belgique, par exemple, entre 2011 et 2014, l’utilisation de plus de deux drogues par les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes est notamment passée de 12% à 28%. En particulier, dans le cadre des relations sexuelles sous l’effet de drogues qu’on appelle communément «chemsex». Conséquence de ce type de comportementchez les patients séropositifs? Une augmentation du risque de:

  • transmission du VIH,
  • interactions médicamenteuses,
  • non-adhésion au traitement.

Drogues et médicaments: un cocktail dangereux

Si la prise simultanée de plusieurs médicaments peut entraîner un risque d’interaction, il en est de même pour la consommation de drogues en parallèle d’un traitement médicamenteux. Et les médicaments antirétroviraux n’y échappent pas: le risque d’effets secondaires, voire d’overdose, est bien réellorsqu’ils sont associés à des drogues.

Un traitement moins bien suivi

Mais ce n’est pas tout! La consommation de drogues s’accompagne également d’une diminution de l’adhésion au traitement, un comportement qui peut nuire à son efficacité.

Plus précisément, un consommateur de drogue aurait quatre fois plus de risques de ne pas bien suivre son traitement qu’une personne ne consommant pas de drogue. Une mauvaise adhésion qui s’explique par deux phénomènes:

  • sous l’influence de drogues, les patients oublient simplement de prendre leur traitement. On constate d’ailleurs que les périodes de mauvaise adhésion sont intimement liées aux moments de consommation active de drogues;
  • la connaissance du risque d’interactions pousse certains séropositifs à ne pas prendre leurs médicaments intentionnellement lorsqu’ils ont prévu de consommer des drogues récréatives. C’est le cas de 35% des consommateurs actifs de drogues. Un comportement qui est d’ailleurs également observé avec l’alcool.

Drogues et VIH: un risque de résistance au traitement

Effet collatéral de cette mauvaise adhésion au traitement: une augmentation du risque de résistance aux médicaments. Et pour cause, lorsque le traitement antirétroviral est mal suivi, le virus peut recommencer à se multiplier, à muter et développer des résistances aux molécules de la trithérapie. À la clé, un risque réel de voir son traitement devenir inefficace.

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